Baudelaire la chevelure

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  • Publié le : 17 octobre 2010
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Explication n°1 : La chevelure XXIII (Spleen et Idéal).
Introduction : Les poètes du XVIe ont aimé et pratiqué le genre du blason, qui consisté à célébrer en vers une partie du corps féminin. Baudelaire, grand amateur de la poésie de la Renaissance, à sa manière reprend cette tradition poétique dans « la Chevelure », poème XXIII de la partie spleen et idéal des Fleurs du mal. Cependant, ce poèmecomposé de sept quintiles d’alexandrins, s’agit moins d’une description précieuse de la chevelue féminine que de la célébration de ses magiques pouvoirs de suggestions et d’évasion. Nous étudierons ce qui fait de ce texte un grand poème d’amour sensuel, puis nous verrons comment les sens sont au servie de l’imagination de la rêverie.
Plan
I. Un grand poème d’amour sensuel.
1) Ampleur etsolennité.
2) Enthousiasme lyrique.
3) Célébration de la femme aimée.
a) Ferveur érotique.
b) Un certain féminin.
c) Egoïsme.
II. Les sens au service de l’imagination.
1) Les métamorphoses de la chevelure.
2) Le rôle prépondérant du parfum.
3) L’évocation d’un paradis.
4) Dimension mystique de la rêverie.
5) Accès au monde du souvenir.

Ce poème constitue un véritable hymne de la chevelure,un hymne d’une grande sensualité et de la femme. Ce poème, par l’ampleur de sa forme, a des allures de grande symphonie qui orchestre de façon grandiose le thème traité plus simplement que dans le poème « parfums exotiques ». On note l’ampleur et la solennité de ses cinq vers. Certaines strophes ne sont pas qu’une longue phrase de cinq vers. Les enjambements nombreux ajoutent à la majesté de cesstrophes. Un enthousiasme lyrique parcourt ce poème. La plupart de ces invocations sont accentuées par le « ô », et sont spécifiques au lyrisme. L’émotion du poète, dans la première strophe, est également visible dans les coupes irrégulières. Ce lyrisme est employé pour célébrer la femme aimée. Il semble que Jeanne Duval soit précisément la femme qui ait inspiré à Baudelaire cette célébration.Il s’agit plus d’un poème sensuel que sentimental. L’érotisme est une composante importante de ce poème. On remarque donc certains mots à connotation érotique : alcôve. La troisième strophe constitue une sorte de programme fantasmatique : «  Je veux ce soir pour peupler… ». Il prévoit ce fantasme. *
Ce fantasme prend la forme d’une sorte de rite ou de cérémonie. Cette femme qui offre au poète unetelle exaltation correspond à un certain type de femme, un certain idéal féminin récurrent dans Les Fleurs du mal. Erotisme rime avec exotisme, une chevelure noire et tressée, sensuelle, animalité (toison, encolure, crinière) et en même temps très sophistiqué par le moyen du parfum et les bijoux. Voila un idéal féminin Baudelairien. On peut être frappé par un certain égoïsme caractérisant larelation amoureuse. En ce sens que la femme n’est pas aimée pour elle-même mais qu’elle est considérée comme un « instrument », un moyen d’accéder à certaines sensations, à certains états de conscience.
A cet égard, la dernière strophe est éloquente : « le rubis, la perle et le saphir », serviront à acheter ce voyage des sens et de l’esprit. Le poète est amoureux de la rêverie et non de la femmeelle-même, elle n’est qu’un moyen d’évasion, un remède au spleen. De même si le poème exalte le plaisir des sens, celui-ci n’est pas recherché pour lui-même, mais parce que les sens sont au service de l’imagination.
Grâce à l’imagination poétique, la chevelure subit plusieurs métamorphoses au gré d’une série d’image aux vers cinq, elle est curieusement comparée à un mouchoir. C’est peut-être uneamorce du thème du voyage. Au vers huit, elle devient forêt, mais c’est une métaphore. La c’est une métaphore, c’est-à-dire qu’il y a une identificationt ébène. Puis c’est un port, enfin la voûte céleste.
On voit donc la variété des métamorphoses, les associations d’idées logiques, il y a un mouvement d’expansion de l’imagination, à tel point que la chevelure finit par contenir l’Univers tout...
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