Baudelaire, vie, oeuvre et critique d'art

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  • Publié le : 14 avril 2011
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Charles Baudelaire, vie et œuvre.
Charles Baudelaire est né à Paris le 9avril 1821. Il avait sept ans lorsque sa mère, devenue veuve, se remaria avec le général Aupick; l'enfant n'accepta jamais cette union. Placé d'abord en pension à Lyon, il étudia ensuite au lycée Louis-le-Grand à Paris, où il se signala par son indiscipline et d'où il fut exclu en avril 1839. Après avoir néanmoins obtenuson baccalauréat, Baudelaire entreprit de mener à Paris une vie d'insouciance et de bohème, tout au moins jusqu'en 1841, date à laquelle son beau-père, soucieux d'y mettre un terme, le fit embarquer quasi de force sur le Paquebot-des-Mers-du-Sud, pour un long voyage à destination des Indes. Ce périple, quoique écourté par le poète -il s'arrêta à l'île Bourbon (la Réunion)-, ancra profondément chezlui le goût de l'exotisme, thème très présent dans son œuvre. De ce voyage, Baudelaire rapporta également les premiers poèmes de son principal recueil, les Fleurs du mal, notamment le sonnet «À une dame créole».

Peu après son retour en France, en 1842, Baudelaire rencontra Jeanne Duval,une mulatresse dont il fit la «Vénus noire», la muse de son œuvre, l'incarnation de la femme exotique,sensuelle et dangereuse, et qu'il aima durablement malgré leurs relations orageuses. Cette liaison n'empêcha pas le poète de s'éprendre de Marie Daubrun en 1847 et de Mme Sabatier en 1852.
Le jeune poète mena alors -grâce à l'héritage paternel reçu à sa majorité, en 1842- une vie de dandy et c’est à cette époque qu’il fit l'acquisition de coûteuses œuvres d'art et expérimenta les «paradis artificiels»de l'opium et de l'alcool. Malgré ses tendances catholiques et ses goûts aristocratiques, il accueillit avec joie la révolution de 1848, se montra en armes sur les barricades, fonda avec Champfleury et Toubin une feuille éphémère (le Salut public), et fut un moment lié avec Proudhon. Mais son train de vie ne tarda pas à écorner son héritage: pour éviter la dilapidation de sa fortune, sonbeau-père et sa mère le firent placer sous tutelle judiciaire. Le jeune poète souffrit dès lors de ne pouvoir disposer librement de son bien, et dut travailler pour vivre.

C'est poussé par le besoin d'argent qu'il se lança dans la critique d'art (Salon de 1845, Salon de 1846, Salon de 1859) et qu'il publia dans diverses revues sous le nom de Baudelaire-Dufaÿs: il fit paraître de la sorte des poèmes quifigureront plus tard dans les Fleurs du mal, mais aussi des essais littéraires et esthétiques, ainsi qu'une nouvelle, la Fanfarlo (1847). En 1848, il commença à traduire les œuvres de l'auteur américain Edgar Allan Poe. Baudelaire n'eut aucun mal à s'identifier à cet écrivain tourmenté, en qui il voyait un double de lui-même . Ses traductions de Poe font encore référence aujourd'hui; il fitparaître successivement Contes extraordinaires (1854), Histoires extraordinaires (1856), Nouvelles Histoires extraordinaires (1857), les Aventures d'Arthur Gordon Pym (1858), et acheva la traduction des Histoires grotesques et sérieuses en 1865.
En juin 1857, Baudelaire fit paraître, chez son ami et éditeur Poulet-Malassis, le recueil les Fleurs du mal, qui regroupait des poèmes déjà publiés en revueet des inédits. Mais, dès le mois d'août, il se vit intenter un procès pour «outrage à la morale publique et aux bonnes mœurs ». Condamné à une forte amende, le poète, très abattu par la sentence, dut en outre retrancher six poèmes de son recueil.
Cette mutilation de sa pensée par autorité de justice avait eu pour résultat de rendre les directeurs de journaux et de revues très méfiants à son égardlorsqu'il leur présentait quelques pages de prose ou quelques poésies nouvelles, et sa situation pécuniaire s'en ressentait. Il travaillait lentement, à ses heures, toujours préoccupé d'atteindre l'idéale perfection, et ne traitant d'ailleurs que de sujets auxquels le grand public était alors complètement étranger : Une magistrale étude sur Théophile Gautier (1859), les Paradis artificiels...
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