Beckett fin de partie

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  • Publié le : 18 novembre 2011
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Commentaire de texte, Fin de Partie, Beckett,
p. 108 «pendant ce temps» à p.110 « rideau».

Dans Fin de Partie de Samuel Beckett, il y a trois monologues de Hamm. L'extrait que nous allons étudier est celui sur lequel la pièce s'achève.
Dans ce commentaire, nous nous demanderons en quoi ce monologue final est vraiment la fin annoncée par Beckett dans son titre.
Afin d'apporter une réponseà cette problématique, nous étudierons, dans un premier temps, le fait que la parole de Hamm semble être interminable, et en outre, le lien qui existe entre l'œuvre et le titre.

Tout d'abord, le monologue de Hamm est une parole qui n'en finit plus. En effet, il fait durer le récit de son histoire pour retarder la fin de partie annoncée dès la première scène par Clov (« Fini, c'est fini, ça vafinir, ca va peut-être finir », p. 13). Hamm crée des silences, marqués par la didascalie « un temps », présente trente-et-une fois dans cet extrait. Il tente de meubler le temps avec des interjections comme « bon. », utilisé quatre fois ou encore avec des commentaires sur son propre récit tel que « joli ça. » (p.109). Bien que Hamm tente une fois de plus, dans la pièce, de raconter une histoire,il ne semble plus savoir quoi dire … L'essentiel de son discours ne réside pas dans le contenu mais dans l'importance de la communication avec l'Autre. Il ne s'agit pas d'expliquer mais simplement de dire à quelqu'un...Tout d'abord,Hamm s'adresse à Clov, puis lorsque Clov ne répond plus, il s'adresse à Nagg , son père. Pour Hamm, il s'agit de parler pour meubler le temps pour ne pas que celas'arrête et l'histoire constitue une pause bienvenue dans un échange de répliques répétitifs et lassants.
Ce monologue ne se présente donc pas comme une fin, au contraire on assiste à la prolongation jusqu'à l'épuisement d'une histoire qui ne semble pas vouloir se terminer.

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De plus l'histoire de Hamm n'a aucun sens. C'est une histoire sans fin, et sans finalité. Juste avant le passageétudié, Hamm dit : « Vieille fin de partie perdue, finir de perdre ». Pourtant, il va se lancer dans la poursuite de son récit, « Ah oui! », dit-il, comme si il avait oublié un élément important de cette histoire.
D'autres éléments de confusion empêchent le lecteur d'anticiper cette scène comme la scène terminale :
L'identité des personnages est confuse. Qui est « je », qui est « tu », « il »ou encore « vous », utilisés page 109 en trois répliques ? Hamm se confond-il avec le « je » de son récit ?
Il n'y a pas de repères temporels fixes, nous ne savons pas s'il s'agit du passé, ou du présent. L'imparfait est mêlé au présent : « Tu réclamais le soir; il vient ».
De quoi ou de qui parle Hamm, d'une réalité ou d'une fiction ? La réalité même des faits ne serait-elle pas dans lerécit de Hamm justement ? Lorsqu'il dit « il ne connait que la faim, le froid, et la mort au bout » (p.109), n'annoncerait-il pas sa propre mort ? Il semble raconter l'origine de la catastrophe, mais cela demeure imprécis, est-ce un récit ou est-ce une réalité ?
Tous ces éléments confus participent à la perte des repères pour le lecteur, est-ce la fin de la pièce, la fin du récit du récit de Hamm ?Pourtant, à plusieurs reprises Beckett utilise un lexique en liaison avec le thème de la fin, page 109 : « l'histoire est close », « qu'il vous adoucisse les cent mille derniers quarts d'heure », « il ne connaît que […] la mort au bout », et page 110 «  et pour terminer », « n'en parlons plus ».
Ce vocabulaire est alors un indice d'une fin annoncée, mais cela, dès le début de la pièce. La fin semêle au début, le début à la fin. Lorsque plus personne ne l'écoute, Hamm se couvre le visage d'un mouchoir avant la tombée du rideau. Les spectateurs obtiennent alors le même tableau qu'au lever du rideau, au tout début de la pièce. Le rideau pourrait se relever sur Hamm avec le mouchoir sur la tête, et la pièce pourrait recommencer. C'est une pièce asymptotique, interminable, et le récit...
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