Biographie

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 20 (4872 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 6 décembre 2010
Lire le document complet
Aperçu du document
Biographie [modifier]

Entrée de l'université de la SorbonneAprès des études secondaires terminées au lycée Louis-le-Grand à Paris, Maurice Merleau-Ponty devient élève de l'École normale supérieure, à la même époque que Sartre, et est reçu second à l'agrégation de philosophie en 1930.

D'abord professeur à Beauvais (1931-1933), puis au Lycée Marceau à Chartres (1934-1935), ensuite répétiteurà l'École normale supérieure (1935-1939) et mobilisé au 5e régiment d'Infanterie et à l'état-major de la 59e division légère d'infanterie (1939-1940), il enseigne aussi au lycée Carnot (1940-1944) et en première supérieure au lycée Condorcet (1944-1945). Enfin, il obtient un doctorat de lettres en 1945 avec deux livres très importants : La Structure du comportement (1942) et la Phénoménologie dela perception (1945).

Il devient ensuite professeur de philosophie à l'université de Lyon (de 1945 à 1948), puis professeur de psychologie de l'enfant et de pédagogie à l'université de la Sorbonne (de 1949 à 1952). Enfin, il devient titulaire de la chaire de philosophie du Collège de France à partir de 1952, jusqu'à sa mort en 1961.

Merleau-Ponty fut aussi membre du comité directeur de larevue Les Temps modernes en tant qu'éditorialiste politique, de la fondation de la revue en octobre 1945 jusqu'en décembre 1952, soit à l'époque de la rupture de son amitié avec Sartre (la « rupture » eut lieu en juillet 1953)[1].

Merleau-Ponty s'engage aussi politiquement, faisant ainsi partie du bureau national du cartel de l'Union des forces démocratiques (UFD), mis sur pieds pour leslégislatives de novembre 1958 et qui rassemblait la gauche anti-communiste et anti-gaulliste.

A l'âge de cinquante-trois ans, il meurt d'un arrêt cardiaque le soir du 3 mai 1961, assis à son bureau, où la Dioptrique de Descartes était encore ouverte[2]. Claude Lefort est l'exécuteur testamentaire de l'œuvre de Maurice Merleau-Ponty [3].

La rupture avec Sartre [modifier]
Supportant difficilementl'attitude qu'avait prise, à partir de 1950 (à l'époque de la guerre de Corée), Sartre dans la direction des Temps modernes, qui venait de se permettre de publier son article « Les communistes et la paix » (1952) sans prévenir quiconque à la revue, Merleau-Ponty appela Sartre après que celui-ci eut fait sauter sans l'avertir un texte qu'il avait rédigé pour chapeauter un article marxiste (de Sartre),qu'il estimait ne pas être publiable sans ce chapeau (dans le numéro de décembre 1952)[4]. La conversation téléphonique, tendue, dura deux heures[5], puis fut suivie de trois longues lettres où s'expriment bien sûr leurs désaccords politiques, ainsi que leurs désaccords sur le rôle de l'intellectuel, mais aussi des divergences philosophiques, voire personnelles. Ces lettres marqueront la rupturede leur amitié qui datait de leurs années d'études à l'École normale supérieure – une rupture qui ne semble jamais avoir été acceptée par l'un comme par l'autre, selon François Ewald[6].

Philosophie [modifier]
Le primat de la perception [modifier]
Dès l'époque de La structure du comportement et de la Phénoménologie de la perception (1944), Merleau-Ponty a voulu montrer que la perceptionn'était pas la résultante d'atomes causaux de sensations, contrairement à ce que véhiculait la tradition issue de John Locke dont la conception atomiste causale était perpétuée dans certains courants psychologiques de l'époque, dont le béhaviorisme. La perception a plutôt, selon Merleau-Ponty, une dimension active en tant qu'ouverture primordiale au monde vécu (au Lebenswelt)[7].

Cette ouvertureprimordiale est à la base de sa thèse du primat de la perception. Selon une formule de la phénoménologie d'Edmund Husserl, « toute conscience est conscience de quelque chose », ce qui implique une distinction entre « actes de pensée » (la noèse) et « objets intentionnels de la pensée » (le noème), faisant de la corrélation noético-noématique le premier socle de la constitution des analyses de la...
tracking img