Caligula (albert camus)

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  • Publié le : 28 août 2011
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CALIGULA (Pièce en quatre actes)
L'action se déroule à Rome dans le palais de l'empereur. Caligula est absent depuis trois jours, ce qui gène fortement les sénateurs. Il semble en effet déséquilibré par la mort de sa sœur et en même temps son amante, Drusilla. Dès son retour, il devient de plus en plus troublant. Assoiffé d'un pouvoir sans limites, il impose à tous la logique d'un empereur fou.Il est bien décidé à faire de son règne celui de l'impossible. La réplique suivante résume bien son état d'esprit :
« Ce monde tel qu'il est fait n'est pas supportable. J'ai donc besoin de la lune, ou du bonheur, ou de l'immortalité, de quelque chose qui soit dément peut-être, mais qui ne soit pas de ce monde » (Acte I, scène 4)
Trois ans plus tard, les sénateurs sont prêts à se révolter avecCherea, à la tête de la conjuration. Ils en ont assez d'être ridiculisés par Caligula qui règne par la terreur. Dans ses actes cruels et sanguinaires, l'empereur ne recule pas devant le meurtre sauvage et gratuit. Pour cela, il est aidé de sa maîtresse, Caesonia, et d'Hélicon, un ancien esclave libéré. Scipion, jeune poète dont le père a été assassiné par Caligula, reste fasciné par cet homme qu'ildéteste et plaint (éprouve de la compassion) en même temps.
Victime de sa démesure, Caligula imite de manière grotesque les dieux et oblige les sénateurs à le vénérer. Il les pousse de plus en plus à la révolte. Lorsque Hélicon lui annonce qu'un complot est en train de se tramer contre lui, Caligula convoque Cherea. Il décide de détruire la tablette, preuve de la conspiration, il devient ainsile seul maître de sa mort.
Caligula se moque de l'art des poètes en organisant un concours de composition avec pour sujet la mort. Après avoir assisté au départ de Scipion, l'empereur décide d'étrangler Caesonia pour compléter sa sensation d'isolement, cela semble lui donner un goût de bonheur. Il va alors jusqu'au bout de sa logique et de sa liberté. Il se retrouve finalement seul, face àlui-même et dans un ultime dialogue devant son miroir, il contemple avec désespoir sa solitude et son échec avant que les conjurés ne l'assassinent. Caligula ira même jusqu'à nier sa propre mort en criant qu'il est encore vivant, il mène donc l'absurde à son plus haut degré.
Analyse
Caligula est achevé en 1941 dans une version romantique et lyrique, mais c'est en 1945 qu'elle est représentée pour lapremière fois au théâtre Hébertot, à Paris. Le texte est maintenant plus amer et politisé, Camus a vécu l'Occupation.
Camus s'est inspiré de « La vie des douze Césars » de Suétone, pour rédiger cette œuvre. Il réalise donc une conversion d'un matériel historique en une tragédie d'un homme heurté à soi même qui se comporte, tout en utilisant son pouvoir, d'une manière tyrannique qui débordel'absurde.
Si on contraste l'information apportée par Suétone, en principe rigoureux historiquement, et l'œuvre de Camus on aperçoit beaucoup de similitudes néanmoins qu'il y a quelques divergences. Centrons nous d'abord dans le personnage de Caligula. Suétone le décrit comme une personne laide, grosse, de haute stature et complètement chauve, étant son corps très poilu. On croit que Camus ne respectepas cette apparence physique à cause des acteurs qui l'ont représenté. La caractérisation du personnage coïncide davantage. Suétone dit de Caligula qu'il possède une rhétorique notable, qui aime les arts scéniques et le chant. En fait Camus nous montre un personnage semblant, qui aime représenter (Acte IV ; Scène IV), avec un don histrionique inné et possédant aussi une rhétorique remarquable. Cecomportement est en relation avec sa psychologie maladive proche à celle d'un fou. Les actions et le comportement du Caligula de Camus sont aussi semblables aux descriptions de Suétone. Notons sa conduite vers les sénateurs, il s'agit d'une relation vexatoire permanente. Il tue ses parents (Scipion), enlève ses femmes et biens (Octavius et Patricius), les nomme de forme ridicule (« ma chérie »...
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