Coesmes

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  • Publié le : 18 avril 2011
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Depuis quelques années, l’actuelle mairie de Coësmes occupe l’ancien presbytère, et surplombe ce coquet petit village, perdu à la frontière de la Bretagne, du Maine et de l’Anjou. Mais l’ancienne mairie du 19e siècle veille toujours, en face de sa sœur cadette. Qui se souvient, aujourd’hui, du passé de cette bâtisse grisâtre, vieillie par les âges ?

Le premier lieu choisi par la municipalitéde Coësmes pour y tenir ses séances et y délibérer sur les affaires de la commune est… la chapelle Sainte-Christine, sise sur le bas-côté nord de l’église, l’actuel n°2 de la place de l’église. C’est en effet en ce leui qu’est désigné, le 31 janvier 1790, le premier maire de la commune, Jean-Marie Aubin Hanet de la Jarretière, qui deviendra par la suite un haut fonctionnaire de la Révolution. Le 5frimaire an IV de la République, l’église est désaffectée et devient une caserne pour la Garde républicaine locale. Le recteur, Jean-Baptiste Gendrot, prend alors possession de la chapelle Sainte-Christine pour y célébrer les offices. Quid, alors, du lieu ordinaire des séances du Conseil municipal ? On se déplace tout naturellement dans la sacristie de l’ancienne église, comme au temps du Généralde paroisse.

Au lendemain de la Révolution, une fois l’église rendue au culte, et la chapelle, à demi en ruine, vendue et transformée en grange, la commune se trouve face à un dilemme : où loger la mairie ? A défaut d’un local convenable, on l’établit donc… chez monsieur le maire ! Une pratique finalement courante, comme le fait remarquer Maurice Agulhon[1]. Mais en 1833, la loi scolaireinitiée par Guizot va modifier le cours des choses. En novembre 1839, le Conseil municipal décide d’acquérir un terrain pour bâtir une maison d’école. Il s’intéresse d’abord à la maison d’un certain Jean Aguesse, demeurant au Clos Legeard, qui souhaite la vendre. Mais la maison « n’était pas convenable pour cet usage et qu’elle coûterait trop cher pour la rebâtir » ; on décide donc d’acheter le terrainvendu par le sieur Bordais, nommé le jardin du presbytère, afin d’y construire une maison d’école et faire un jardin à l’instituteur. Le projet coûte à la commune 7800,00 francs, alors qu’elle n’en dispose que 6000. On demande alors une aide de l’Etat, afin de mener à bien l’entreprise. Une fois les fonds débloqués, le 7 mars 1841, le maire, en présence du Conseil municipal et de l’architecte,Léonce Couëtoux, procède à la mise en adjudication des travaux de construction. Et c’est l’entrepreneur janzéen François Lignel qui l’emporte, pour une somme de 8118,00 francs, plus 600,00 francs « pour augmentation de travail d’après les dires de l’architecte ». Le plan est sommaire : au rez-de-chaussée, côté rue, le cabinet du maire, le couloir-vestibule et la cage d’escalier ; côté cour, la salle declasse, devant être transformée en 1884 en une chambre à coucher et en cuisine. L’étage se compose en façade de la chambre du maître d’école, d’un cabinet, de la cage d’escalier et d’un second cabinet ; côté cour, de la chambre du maître adjoint et de deux bureaux.

La commune ne s’acquitte qu’à grand peine de son projet, et encore doit elle compter sur la clémence des pouvoirs publics : ainsi,la municipalité reçoit en 1842 un secours de 300,00 francs du préfet. Mais ce secours a une contrepartie : pour parvenir à solder les travaux de construction, la commune doit aussi vendre les derniers terrains communaux. L’entreprise n’est achevée que vers 1843-1844.

Le 5 novembre 1876, le Conseil municipal vote l’agrandissement de l’école des garçons et la création d’un poste demaître-adjoint, avec traitement alloué sur le produit de l’imposition extraordinaire de dix centimes. Mais considérant que les fonds dont dispose la commune ne peuvent seuls subvenir à la construction d’une classe annexe, on construit une cloison afin d’établir une séparation entre la classe du maître et celle du maître-adjoint. Ce dernier reçoit un traitement annuel de 700,00 francs. Cette situation...
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