Commedia dell'arte

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  • Publié le : 4 mai 2010
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S’il est possible, à travers une étude historique des genres classiques de la tragédie et de la comédie, de revenir à leurs origines antiques, l’héritage classique de genres considérés comme irréguliers paraît difficilement retraçable. En effet, certaines formes du théâtre édifiant comme les moralités ou le genre populaire de la farce ne doivent pas leur naissance à des modèles antiques maistrouvent leurs origines dans les besoins représentatifs de leur époque. En contre-exemple, la commedia dell’arte, même si irrégulière, semble puiser sa source de l’atellane latine. Toutefois, est-elle véritablement une simple suite évolutive d’une forme classique ? Ne doit-elle pas une partie de sa fécondité à des théâtres socialement moins nobles et réprouvés, ou à des manifestations populaires ? Ilsemble conséquemment qu’à un héritage classique, viennent s’adjoindre de nombreuses formes de représentations issues du Moyen-Âge. Par contre, la commedia dell’arte ne pourrait être réduite à un amalgame de caractéristiques puisées ici et là. Elle prend corps d’une façon unique qui sera analysée subséquemment de ses origines, à travers les traces écrites des canevas.
Selon un cheminementhistorique, l’atellane s’illustre comme la première source, apparemment l’unique, constitutive de la comédie improvisée. Une description de cet art spectaculaire latin en fait du moins une parente indiscutable :
« Les quatre personnages qui la composaient étaient masqués. Il s’agissait de types immuables : Maccus (le glouton), Bucco (le bavard imbécile), Pappus (le vieux gâteux) et Dossennus (le bossumalicieux). Elle reposait sur un canevas (tricae) mais laissait une large place à l’improvisation. »
Sans être transposition exacte, les quatre types de l’atellane font inévitablement écho à ceux, plus nombreux toutefois, de la comédie improvisée italienne. La pérennité d’un canevas laissant place à l’improvisation semble également familière. Par contre, l’atellane a connue une évolution aurythme des jeux scéniques romains et si ses débuts offrent de nombreuses transpositions avec la commedia dell’arte, sa transformation, une fois parvenue à Rome, l’en éloigne. En effet, Rome n’a pas été le lieu de création du genre, malgré une hypothèse qui s’intéresse « à donner aux Atellanes une origine entièrement latine, […] » en expliquant leur nom par :
« la dignité romaine, [qui] ne permettaitpas de placer la scène de ces sortes de farces à Rome ou dans l'une des cités latines, et qu'on supposait que l'action se passait toujours dans la petite ville d'Atella, […].»
Même si bon nombres d’auteurs latins, dont Tite-Live, s’accordent pour situer son lieu de création dans la ville d’Atella, cette citation rend compte d’un aspect important de l’atellane : sa tendance au burlesque pousséjusqu’à l’indécence par la redondance de situations grossières. Ainsi, l’atellane est d’abord et avant tout une farce destinée directement à la réaction d’un public populaire; dans ce sens, le goût du théâtre latin pour l’horreur suscité chez le spectateur s’y retrouve déplacé : « On distingue […] des personnages effrayants, des espèces de spectres, dont la voracité fabuleuse ou l’horrible pâleurétait une source de terreur comique. » En plus de l’horrible ne trouvant pas de place au sein de la commedia dell’arte, la dissonance majeure introduite par l’évolution du genre est la fixité des pièces. En effet, des auteurs comme Pomponius ou Novius ont contribué par de nombreuses atellanes à l’évincement de l’autorité absolue de l’acteur. De plus, ils y ont introduit une notion politique, portantau ridicule des sujets d’actualités :
« Les Atellanes […] portèrent, sous les successeurs d'Auguste, l'audace à ses dernières limites, et leur caractère changea comme les mœurs publiques. Leur satire devint politique, cruelle, implacable et ne craignit pas de remonter jusqu'à l'empereur. Elle désignait, avec une crudité d'expressions qu'on couvrait d'applaudissements, les crimes et les...
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