Commentaire charles baudelaire (les fleurs du mal)

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  • Publié le : 23 novembre 2011
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Introduction
Si la postérité a donné à Charles Baudelaire une place primordiale au panthéon des poètes, c’est en grande partie parce qu’on associe à son œuvre l’invention de la poésie moderne. Après la publication des Fleurs du mal en 1857, Baudelaire explore une nouvelle forme poétique : le poème en prose. Le Port est l’un de ces poèmes publiés en 1869 ; cette pièce se présente comme un textecourt définissant un port maritime. À la lecture de cette œuvre, on peut se demander en quoi la description de ce lieu est révélatrice de l’état d’âme du poète. Pour répondre à cette problématique, nous étudierons dans un premier temps les caractéristiques descriptives de ce texte, en analysant les liens entre picturalité et musicalité. Puis nous montrerons en quoi ce port est à la fois unesource d’évasion et une source d’inspiration pour le poète. Enfin, il s’agira de mettre en évidence que cette description du port, entre terre et mer, permet de révéler un portrait d’artiste, entre désir et résignation.

Plan détaillé
I – Une description pittoresque
Contrairement aux caractéristiques établies par Aloysius Bertrand, qui concevait le poème en prose comme un texte plutôt narratif,voire anecdotique ("Ainsi j’ai vu, ainsi je raconte"), Le Port de Baudelaire est un texte purement descriptif.

1. Une présentation conçue à la manière d'un dictionnaire
Cf. la tournure de la première phrase.
Des articles indéfinis ("un port", "un séjour", "une âme").
Le verbe être au présent de vérité générale ("Un port est un séjour charmant" + "[…] sont un prisme").
Lexiquecaractéristique du port de plaisance : éléments "techniques" ; lexique spécialiste renvoyant à une réalité portuaire concrète : phares, navires, gréement, môle, belvédère ; mais aussi lexique du loisir : charmant – plaisir.

2. Une marine
Baudelaire, éminent critique d'art, décrit ce port imaginaire comme il décrirait une marine, en insistant sur les lignes et sur l’architecture : formes élancées desnavires, verticalité des phares et horizontalité de leurs scintillements, colorations changeantes de la mer. Le port apparaît comme un lieu idéal pour l’artiste, entre l'ampleur du ciel (+ nuages) et la mer miroitante.

3. Un tableau sonore
La vue n’est pas le seul sens que sollicite le port : la prose poétique de Baudelaire cherche à nous sensibiliser à une certaine musicalité.
Présenced'allitérations : prisme […] propre à amuser les yeux.
Allitération [k] et assonances [ou] : contempler couché […] ou accoudé.
Liens sonores entre "les lasser" suivi de "élancées".
Triple répétition rythmant la fin du poème : "de ceux qui […] de ceux qui […] de ceux qui".

Transition : le port ainsi décrit par Baudelaire n’est cependant rattaché à aucun lieu géographique connu ; il s’agit doncd’un port imaginaire, d'un espace créé par le poète et répondant aux aspirations de son âme.

II – Le port, source d'évasion pour l’artiste en mal d'inspiration
En caractérisant un port abstrait issu de son imagination, Baudelaire invite le lecteur à entrer dans son univers poétique.

1. Le port, source d'inspiration : lieu de contemplation
Lexique du regard : "amuser les yeux", contempler.Effets de lumière et de reflets : "colorations changeantes", "scintillements des phares".
Effet d'optique : transformation du regard à travers "un prisme merveilleusement propre à amuser les yeux sans jamais les lasser".
Idéal baudelairien du regard transformé par un prisme (cf. Les Fenêtres, Le Mauvais vitrier, par exemple).

2. Le port, source d'inspiration : lieu de mouvement
"Architecturemobile des nuages" + "colorations changeantes de la mer" + "oscillations harmonieuses" entretiennent le goût du rythme et de la beauté.
Effets rythmiques évoquant le flux et le reflux de la mer. Dans la deuxième phrase : rythme binaire de l'énumération ; l'asyndète renforce cette impression. Même impression avec l'expression : "ceux qui partent" (flux) et "ceux qui reviennent" (reflux)....
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