Commentaire de texte l'illusion comique

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  • Publié le : 6 mars 2010
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Commentaire de l’acte I, scène 1 de l’Illusion comique, de Pierre Corneille.

Alors qu’à cette époque, Pierre Corneille est déjà reconnu pour ses talents de dramaturge grâce à la tragédie Médée (1635) il choisit de revenir, pour la dernière fois, à un genre considéré comme beaucoup moins noble par les doctes de l’époque : la comédie. C’est donc dans un contexte de mutations théâtralescaractérisé par la sédentarisation des troupes dans des théâtres parisiens, l’amélioration des conditions de représentation, la diversification du public, l’instauration de règles, que Corneille écrit, en 1636, L’Illusion comique, pièce dans laquelle il met en scène un père désespéré (Pridamant) qui cherche à retrouver son fils (Clindor) en fuite face à la sévérité paternel. Néanmoins, cette piècerecouvre un enjeu plus profond puisqu’il s’agit, également, d’une réflexion sur le théâtre, et plus particulièrement sur l’enjeu propre à celui-ci. Effectivement, la structure particulière du « théâtre dans le théâtre » poussée à son paroxysme puisque qu’elle est dédoublée du fait de la présence de deux pièces enchâssées (le premier enchâssement étant la vision de la vie de Clindor par l’intermédiairedes pouvoirs d’Alcandre et le second se révèle uniquement à l’acte V lorsque l’on comprend que cette vie est, en fait, une autre représentation théâtrale), nous conduit à nous interroger sur le caractère illusoire que l’on prête généralement au théâtre. Ainsi, nous étudierons la première scène de l’acte I, qui appartient exclusivement à la pièce cadre, en nous demandant plus précisément, si cettescène remplit les fonctions traditionnelles d’une scène d’exposition. Il convient donc, tout d’abord, de voir en quoi cette scène première revêt des caractères traditionnels, puis, nous étudierons, ensuite, les aspects atypiques de cette scène d’exposition.

Comme pour toutes premières scènes d’une œuvre théâtral le lecteur, et plus encore le spectateur, s’attend à ce qu’on lui présente deséléments stratégiques qui vont lui permettre de comprendre l’histoire qui va se dérouler sous ses yeux de manière à ce qu’il puisse apprécier rapidement l’intrigue qui lui est présentée. C’est pourquoi, dans cette scène on retrouve des caractéristiques qui correspondent, effectivement, à l’horizon d’attente du lecteur. Celui-ci nécessite, entre autre, une présentation synoptique du contexteinitial.

Dès le deuxième vers, le contexte spatial est indiqué par Dorante : « cette grotte obscure ». La promptitude de ce renseignement répond à une nécessité pour le lecteur, et dans une moindre mesure pour le spectateur, qui consiste à imaginer le lieu dans lequel l’action se déroule. Cette précision a d’autant plus d’importance au XVII siècle puisque le lieu fait partie de ce que l’onappelle la règle des trois unités. Il doit donc, globalement, être le même tout au long de la pièce. Ainsi, la présentation de ce lieu est une constante des scènes d’exposition. Pour en revenir à la grotte décrite par Dorante, on notera qu’il lui attribut le qualificatif d’obscure ce qui lui confère, ainsi, une connotation inquiétante. De plus, cette caractéristique de l’absence de lumière se confirmeau cours des vers qui suivent comme on peut le voir a travers des expressions telles que : « ces lieux sombres » (v.5), « la nuit » (v.3). D’ors et déjà on voit se dessiner un univers mystérieux et quelques peu angoissant comme le prouve l’association au champ lexical de la mort : « les funestes bords » (v.11), « mille morts » (v.12). Quand bien même le nom du magicien Alcandre n’est pas encoreclairement énoncé, et celui-ci n’est pas encore venu sur scène, on sent la connotation magique qui lui est attribuée comme on le verra par la suite.

Par ailleurs, la spatialisation d’une scène dans une grotte ne peut pas être analysée sans faire référence au mythe de la caverne de Platon. On peut, pour la bonne compréhension de l’analogie, rappeler l’origine de ce mythe. En effet, selon...
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