Commentaire jacques prevert

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  • Publié le : 9 mai 2010
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Commentaire composé : Jacques Prévert : Etranges étranges
Commentaire :
Introduction :
La dénonciation des guerres et de la pauvreté ainsi que le parti pris contre les différentes formes d’atrocité constitue l’un des points essentiels de la poésie de Prévert, malgré son exploitation dans la littérature pour enfants.
Dans ce poème, l’auteur s’engage auprès des émigrés et s’élèvecontre les conséquences des colonies françaises. Pourtant, loin d’une argumentation purement rhétorique, ce texte s’impose comme un chant. Ainsi, nous nous demanderons comment ce poème dénonce l’expatriation sans jamais lancer d’attaque frontale et incisive, sous le premier angle de la célébration puis de l’accusation.
Un CHANT de la CELEBRATION …
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Le poètes’adresse directement aux expatriés : l’impact de la 5ème personne est très fort : « Vous », « On vous a »…, car par ce biais, l’auteur fait le choix du rapprochement. Ainsi, plus que la défense de leur cause, il s’agit presque d’un engagement à leurs côtés. Le poète s’adresse directement à leur sensibilité.
Le tour du monde des apatrides. De manière poétique, Prévert dresse une liste desdifférentes origines d’émigrés : « Kabyles », « Tunisiens », « Esclaves noirs », « Enfants indochinois »….De cette façon, il célèbre ces populations qui ont souffert, non seulement en s’adressant directement à elles mais en les citant tour à tour, comme pour leur rendre hommage.
Mélodie et Commémoration. Le poème prend le visage d’un chant mélodieux : -Chaque population citéecorrespond à un couplet. Le poète garde ce schéma tout au long du texte :
1) Citation de la population expatriée Ex : « Esclaves noirs de Fréjus »
2) Caractérisation et description ; Conséquences de leur expatriation. Ex : « tiraillés et parqués au bord d’une petite mer où peu vous vous baignez »
Jeux de sonorités : allitérations en [l] : « Kabyles de la chapelle et des quais de Javel », en [v]: « Vous êtes de la ville, vous êtes de sa vie, même si mal en vivez, même si vous en mourrez », … « Embauchés débauchés », « Etranges étrangers », « Manœuvres désoeuvrés » …
Ce chant sert la commémoration de ces apatrides : ce texte serait comme un texte de célébration, pour saluer le courage et la force de ces peuples.
Transition : Si ce poème ressemble à un chant commémoratif,il semblerait que ce soit pour mieux servir la dénonciation, au centre du texte.
qui devient un CHANT de la DENONCIATION.
Des hommes-objets.
Le poète dénonce l’abus de pouvoir exercé sur ces hommes, et qui les rend totalement passifs :
Ce sont des « cobayes », réduits à fournir les travaux les plus ingrats : « brûleurs des grandes ordures de la ville de Paris », «ébouillanteurs des bêtes trouvées mortes sur pied au beau milieu des rues » : ici, il semblerait que le poète use de la périphrase pour ne pas nommer directement le travail infâme de ces gens. Cependant, ce procédé a un double effet : un effet « euphémisant », qui atténuerait l’ingratitude des actes tellement elle est inconcevable, mais aussi un effet « hyperbolisant », car les détails donnés (« lesgrandes ordures », « bêtes mortes ») accentuent la dimension désagréable.
Les participes passés (« embauchés débauchés », « tiraillés et parqués », « dépatriés expatriés et naturalisés », « rescapés », « déportés », …) rendent compte de cet état de passivité obligée et de la puissance qui est exercée sur ces hommes, réduits au rang de sujet, de « pion ». Au-delà de la valeurgrammaticale, la valeur sémantique de ces participes montre bien l’idée de jeu, comme si ces peuples étaient déshumanisés.
La poésie du carcan.
Ce poème dénonce également l’enfermement auquel ces gens sont confrontés :
Champ lexical de l’enfermement : « parqués », « locaux disciplinaires »…
Carcan de la géographie parisienne : « porte d’Italie », « porte de Saint-Ouen », «...
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