Commentaire lettres persannes

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  • Publié le : 19 mai 2010
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Séquence 2 - Texte 4
L e t t r e s P e r s a n e s

Montesquieu (1689 – 1755), magistrat, membre de l’Académie des Sciences de Bordeaux s’intéresse à la vie de l’esprit et rédige des traités politiques, économiques … Grand voyageur curieux en Europe, il écrit Les lettres Persanes, publié anonymement à Amsterdam qui eut un succès retentissant (1721). Roman oriental et épistolaire, ilpermet d’aborder sans transitions des sujets divers dans la succession des lettres.
Dans la lettre XXIV, c’est Ricca qui découvre Paris, ses habitant et leur roi.
Comment le regard étonné d’un étranger peut-il se révéler aussi subversif à l’égard des parisiens et surtout du pouvoir royal ?
Nous allons étudier comment la lettre donne un récit plein de fantaisie et comment elle amène la critiqueaudacieuse des institutions et comportements.

Un récit épistolaire plein de fantaisie et d’humour

1) Les marques de la lettre

Nous les trouvons au début : « Rica » ( l’émetteur à Ibben, le destinataire.
Et à la fin : « de Paris » ( lieu d’émission , 1712
« le 4 de la lune de Rebiab » ( date de l’émission
« A Smyrme » ( lieu de l’envoi
« Je » ( « Tu »

Elles sont reprisesdans le paragraphe 1.
« Nous sommes à Paris depuis un mois »
La distance entre Paris et Smyrme (Perse) est grande et d’autant plus grand sera l’étonnement (occident/orient).

2) Les marques de l’étonnement

Elles sont nombreuses : il s’agit pour Rica de faire partager sa surprise à Ibben sur tous les sujets insolites.
• ligne 8 : « Tu ne les croirais pas peut-être »
• ligne 17 :« Ne crois pas que je puisse quant à présent, te parler »
• ligne 18 : « Et je n’ai eu à peine le temps de m’étonner »
• ligne 31 : « Ce que je te dis … ne doit pas t’étonner »
( Modalisation du doute, souvent à la forme négative, renforçant la surprise tout à la fois de celui qui écrit et de celui qui va lire.

3) La composition en sept paragraphes de différentes longueurs

Suit lalogique de la surprise : les découvertes insolites.
Paragraphe 1 : Après leur installation à Paris, Rica et Usbech (qui n’est pas nommé) découvrent 
- au paragraphe 2 : Paris « une ville bâtie en l’air », habitée par des « astrologues » ( images amusantes qui traduisent le dépaysement.
- au paragraphe 3 : Paris est aussi une ville agitée : les Français ne marchent pas « ils courent »,« ils volent ». En opposition à « les voitures lentes de l’Asie ».

• Anecdotes personnelles au paragraphe 3 concernant Rica très visuelles « Un homme qui vient, me fait faire un demi-tour et un autre qui me croise.. me remet soudain où le premier m’avait pris »
( Situation comique renforcée par le présent de narration qui laisse supposer que cette situation est « normale ».
• Paragraphes 5 & 6 :Le roi de France est un autre sujet d’étonnement : c’est « un grand magicien », 2 paragraphes lui sont consacrés.
• Paragraphe 7 : Le pape, en dernier, en italique, laissant supposer que le mot lui était jusqu’à la inconnu.

4) Le retour à la référence persane

Il est continuel et permet au narrateur d’user des figures rhétoriques qui renversent les valeurs.
- « Je n’y ai encorevu personne marcher » : hyperbole
- « Les voitures lentes de l’Asie, le pas réglé de nos chameaux, les feraient tomber en syncope » : hyperbole
- « J’enrage quelque fois comme un chrétien » : jurer être un païen
Fantaisie et humour caractérisent cette lettre. Toutefois, le lecteur avec le plaisir de lire, découvre une critique sévère et audacieuse.

Une critique audacieuse etefficace

Cette lecture, à travers le regard d’un étranger permet de découvrir une nouvelle façon de voir les Français et leurs institutions.

5) Critique des Français

• Rica note le comportement incivile des parisiens et des Français en général : lignes 13 à 16 ( bousculade d’une foule agitée.
• Plus grave, il dénonce leur « vanité » (l.23) et leur « orgueil » (l.24) qui...
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