Dissertation - le roman et ses personnages

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  • Publié le : 23 mars 2011
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Dissertation : Le roman et ses personnages

Sujet : Dans son Essai sur le roman, Georges Duhamel écrit : "Le but suprême du romancier est de nous rendre sensible l'âme humaine, de nous la faire connaître et aimer dans sa grandeur comme dans sa misère, dans ses victoires et dans ses défaites. Admiration et pitié, telle est la devise du roman." Vous discuterez ce point de vue en vous inspirantdes romans que vous connaissez.

Introduction : Selon la théorie aristotélicienne de la tragédie antique, l'effet cathartique que cette forme d'expression doit produire sur ses destinataires repose sur l'éveil en eux de deux sentiments : la terreur et la pitié. Dans son Essai sur le roman (1925), Georges Duhamel s'intéresse aux sentiments qu'éveille en nous la lecture d'un roman : "Le but suprêmedu romancier est de nous rendre sensible l'âme humaine, de nous la faire connaître et aimer dans sa grandeur comme dans sa misère, dans ses victoires et dans ses défaites. Admiration et pitié, telle est la devise du roman." Le roman est donc présenté comme un révélateur de l'âme humaine, à travers les sentiments d'admiration et de pitié qu'il éveille chez le lecteur. La question qui se pose est dechercher comment l'écriture romanesque parvient à "rendre sensible l'âme humaine". Pour cela, il conviendra dans un premier temps d'interroger la notion de héros. Puis, nous étudierons comment le processus d'identification induit par la lecture du roman est à l'origine de cette révélation de la diversité psychologique des êtres. Enfin, nous verrons que dans son évolution récente, le roman ouvrede nouvelles perspectives dans sa relation avec le lecteur et dans sa façon de "rendre sensible l'âme humaine".

I – Le héros émouvant
"Admiration et pitié, telle est la devise du roman", affirme Georges Duhamel. Ces deux sentiments opposés sont éveillés en nous par les exploits ou les échecs d'un être de fiction : le héros.

1. Le héros épique : à travers ses exploits et sa réussite, nousadmirons les qualités humaines qui le portent à surpasser le mal et la médiocrité. Exemple : tous les héros de Walter Scott, ceux qui font rêver Emma Bovary, mais aussi ceux de Chrétien de Troyes, Harry Potter ou James Bond.

2. L'antihéros : ses faiblesses le rendent plus proche du lecteur et suscitent sa compassion. Il est victime de son inadaptation à un monde hostile qui se révèle en creuxdans le récit de ses échecs, une autre façon de "rendre sensible l'âme humaine". Exemple : Poil de carotte de Jules Renard, La Religieuse de Diderot.

3. Le héros romantique : par le biais de l'introspection et de l'obsession égotiste, ce type de héros inventé par Goethe et Chateaubriand nous révèle les tourments de l'âme humaine et la difficulté de l'être à trouver dans la société la possibilitéde s'épancher, de s'exprimer. Exemple : René, Werther, Adolphe…

II – Le roman miroir
Duhamel stipule que : "Le but suprême du romancier est […] de nous faire connaître et aimer [l'âme humaine] dans sa grandeur comme dans sa misère, dans ses victoires et dans ses défaites." Quand nous entrons dans une œuvre romanesque, nous découvrons un univers de fiction dans lequel nous cherchons toutefois ànous situer, ce que l'écriture rend possible grâce au processus d'identification.

1. L'accès direct à l'autre par la focalisation interne. Le lecteur se "moule" dans un personnage. Exemple : À l'Ouest, rien de nouveau, qui nous plonge dans l'univers terrible de la Première Guerre mondiale. Le "je" nous associe aux épreuves que traversent les soldats et nous confronte aux facettes de l'âmehumaine, exacerbées par la guerre.

2. Les romanciers du XIXe siècle ont fait de l'alternance des points de vue leur art. Exemple : dans La Peau de chagrin, Balzac enchâsse dans le récit d'un narrateur externe le poignant récit à la première personne de Raphaël, victime d'une puissance occulte, elle-même révélatrice des rapports que nous entretenons avec le désir.

3. Le choix d'une focalisation...
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