Dissertation sur le mal

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  • Publié le : 29 novembre 2011
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Philosophie
Le Mal

Lecture : Spinoza, Ethique

Paul Ricœur, Le Mal
Marguerite Duras, La Douleur

Introduction :
Paul Ricœur montre que si le mal peut être intéressant à travailler parce que le mal se présente d’abord comme un fait incontestable : il y a le mal, c’est une expérience : « Que le monde est mauvais, c’est là une plainte aussi ancienne que l’histoire et même que la poésie.» (Kant, La religion dans les limites de la simple raison).

Le mal se présente sous la forme d’une expérience évidente. Mais il faut aller plus loin. Il se présente d’abord sous la forme du mal subi, du mal commis avant même de dire que le mal est d’abord « ce qui fait mal » (Kant). La question du mal est un défi que le monde lance à la philosophie. Si la philosophie peut être définie commel’utilisation de la raison systématique pour comprendre et expliquer les causes alors dans ces conditions le mal pose à un problème à tout homme confronté à la douleur, à la souffrance, à la faute. Car à la différence du discours religieux, la philosophie doit mobiliser toutes les ressources de la raison pour connaître et établir les principes de l’existence, pour dégager des valeurs, et donc à cetitre, le mal se présente comme un « problème limite » (Paul Ricœur), d’abord concernant son origine – d’où vient le mal ? Vient-il d’une disposition de l’homme ? Le mal fait-il partie intégrante du monde, comme le pensait Leibniz ? Le mal est un défi pour la philosophie parce que cette dernière a bien du mal à en donner une explication. Est-ce l’homme ? ou un Dieu vengeur ? Le mal est-il politique ouhistorique ? Tient-il de la structure sociale entre les hommes ? Hobbes voit dans le mal une structure tandis que Rousseau accuse la contingence historique… Le mal confronte la philosophie à la question de son origine. Il force la philosophie à cette épreuve de vérité.
Qu’est-ce qui pousse l’homme à commettre le mal ? Comment expliquer l’origine de la méchanceté ? Fait-on le mal volontairement ?Peut- le mal dans la simple volonté délibérée sous faisons-nous le mal toujours sous conditions ?
Le mal renvoie moins à une expérience qu’à une attente. Etre confronté au mal, c’est toujours dire plus ou moins que le monde n’est pas ce qu’il devrait être. On fait moins l’expérience de l’existence du mal que l’expérience d’un écart entre le monde tel qu’il est et le monde tel que noussouhaiterions qu’il fût. Pour Spinoza, ce qui est difficile à supporter chez le mal c’est précisément son caractère injustifiable. Le mal est l’écart entre le réel et le pensable.

A partir de ce constat, il y aura deux attitudes :
- attitude spinoziste : si le mal existe, c’est parce que je pense le monde en fonction d’exigences qui sont celles de la raison et pas celles du monde. Le problème du malviendrait d’une incapacité à accepter le monde tel qu’il est : le mal viendrait d’un danger de l’abstraction. Le mal surgit à partir du moment où on se pose dans une posture qui est le refus du monde et d’autre part, le problème du mal existe parce que nous ne voyons le mal que d’un seul point de vue. Il est évident que la rencontre entre l’agneau et le loup est mauvaise mais cela suffit-il pour enfaire un mal ? On absolutise le point de vue. La voie réductrice. Il y aurait une attitude qui ferait surgir le mal. Nous établissons des classifications abstraites alors que nous devrions considérer chaque être en tant que tel. Le mal est anthropologique.
- point de vue de Leibniz : le mal vient non pas à cause de la raison humaine car après tout nous ne pouvons ne pas donner un sens au monde.Le mal provient d’un manque d’appréciation du monde lui-même. Il faut du mal pour qu’il y ait un monde parce que le monde tel qu’il est est le meilleur des possibles.

Pour les Stoïciens, face au mal, il convient d’adopter une attitude réceptive. L’animal est un instrument de mesure : l’animal accepte ce qui lui arrive et ne s’efforce guère de modifier l’ordre du monde. L’animal est capable...
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