Eau est source de cooperation ou de conflit

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  • Publié le : 1 décembre 2011
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Du temps présent, l’eau devient de plus en plus un élément géopolitique incontournable. Tout d’abord, l’eau est une frontière naturelle. Dans le monde, 32 % des tracés frontaliers coïncident avec des supports hydrographiques. Au demeurant, l’or bleu est qualifié de matière internationale par excellence. Plus de 200 fleuves et lacs sont bordés par au moins deux pays. Par ailleurs, l’eau peutconstituer un outil au service de la diplomatie. En témoigne la Turquie qui a réussi à obtenir une promesse de la Syrie de ne plus servir de base d’entrainement pour les rebelles kurdes, contre l’engagement d’assurer un débit minimal de l’Euphrate de 500m3/s. Devant ce constat mettant en exergue l’intérêt géopolitique que représente l’eau pour les Etats, il serait opportun de se demander si l’eauconstitue aujourd’hui une cause de conflits ou une source de coopération ?
Bien que l’eau peut constituer une source de conflits liés à la pollution, au partage inégale ou à la construction d’infrastructures lorsqu’il s’agit des eaux partagées, il n’en demeure pas moins vrai qu’elle présente paradoxalement beaucoup plus d’opportunités de coopération inhérente en particulier à la gestioncommune des eaux transfrontalières et à la lutte contre la pollution.
Pour corroborer le bien fondé de cette thèse, seront passées en revue les conflits générés par l’eau avant de s’attarder sur les aspects de coopération suscitée par la gestion commune des eaux transfrontalières et la lutte contre la pollution de l’eau.
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*La pollution et le partage inégal des eaux internationales jumelés avec la construction d’infrastructures sur les eaux partagées sont autant de facteurs alimentant les sources de conflits liées à l’eau de par le monde.
De prime abord, le partage inégal des eaux entre les pays riverains d’aval et ceux d’amont engendre souvent des conflits récurrents. A ce titre, les pays riverains duNil remettent souvent en cause le partage inéquitable de ce fleuve qui favorise, pour des raisons historiques, l’Egypte exploitant la plus grosse partie du débit de ce fleuve.
Au demeurant, la pollution de l’eau, dans le cas de fleuves partagés entre plusieurs pays, constitue une source de conflits inévitables. Dans ce cadre, la « guerre du papier » de 2006-2007 entre l’Argentine etl’Uruguay, avait pour cause la pollution des eaux du fleuve « Uruguay » marquant la frontière entre les deux pays, suite à la construction de deux usines de pâte à papier par l’Uruguay  sur ce fleuve.
Enfin, la construction d’infrastructures sur les eaux partagées entraine fréquemment des conflits inéluctables entre les pays riverains. A ce sujet, le programme GAP lancé par la Turquie et quiprévoit la construction sur les deux fleuves « Tigre » et « Euphrate », de 22 barrages, 19 centrales électriques et deux tunnels d’acheminement de l’eau d’irrigation, a engendré de fortes tensions avec la Syrie et l’Irak.
Ainsi, l’eau peut alimenter plusieurs sources de conflits dans le monde. Ceci étant, dans bien des situations, la nécessité de partager l’eau peut engendrer une coopérationinattendue au lieu de générer des conflits ouverts.
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La gestion commune des eaux transfrontalières est à l’origine d’une coopération persistante, manifestée par des accords plurilatéraux et soulignant une nécessité afin d’éviter des catastrophes écologiques.
En effet, la gestion commune des eaux partagées est denature à maintenir une coopération entre les pays riverains même durant les situations de crise politique, voire de conflits militaires. A ce propos, l'Inde et le Pakistan, au plus fort de la guerre qui les opposait dans les années 1960, n'ont jamais interrompu le financement des travaux d'aménagement qu'ils menaient en commun sur le fleuve Indus.
De surcroit, le besoin du partage des...
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