Est-ce parce qu'ils sont ignorants que les hommes ont des croyances ?

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  • Publié le : 6 mai 2011
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Commencer par étudier le cours sur la religion !
I. AUTOUR DU MOT: science, secte.

- Bien distinguer science et religion même si la confusion a souvent été recherchée.
- Alors que la science produit, par théorie et expérimentation, un discours humain, toujours provisoire parce qu'elle n'a pas de critère de vérité (la forme implique la cohérence, le contenu change selon la contrainte), lareligion se présente comme un discours du Verbe divin, un discours définitif qui ne saurait passer: même si la formulation peut être adaptée, le contenu doit être préservé comme un trésor.
-Une secte se coupe, une religion se veut universelle, tournée vers tous. La distinction n'est pas toujours aisée car sectes et religions deviennent, et malgré leur dénégation se mêlent souvent à l'exercice dupouvoir.

II. LA NOTION

La chimie de la religion

- Le XIXème siècle s'est efforcé de produire un "concept" de la religion, de la ramener à des éléments simples: à l'exemple de la chimie qui semblait triompher avec le tableau des éléments, il s'agit de réduire le discours religieux à des éléments du monde humain, de la conscience.

a) Dire que Dieu a des projets, se venge, regrette, passeune alliance, c'est tout simplement mettre en Dieu des passions et des conduites humaines, ce qui est contradictoire avec la perfection qu'on lui attribue; Dire que Dieu est amour, lumière, c'est étendre par l'imagination ce germe de savoir et de pouvoir que l'homme refuse en lui, par paresse. La religion semble donc le produit d'un refus de ce qui fait l'homme (savoir et pouvoir en germe): unesorte de dépit amène l'homme à s'aliéner, à mettre en Dieu les instruments de sa libération, à y renoncer!


b) Autre thèse qui secoue le discours religieux: la religion serait illusion, satisfaction imaginaire de trois désirs de l'enfance: la curiosité (d'où est-ce que je viens?), l'aspiration à la sécurité, l'exigence d'immortalité: seule l'imagination peut combler trois désirs impossibles àsatisfaire réellement (pas de connaissance définitive, pas de vie sans risque, pas de mort sans doute). Une Genèse, un Dieu protecteur, père tout puissant, une âme immortelle animent le discours de la religion.

Résumons: dans tous les cas l'origine de la religion serait l'homme: toute religion est anthropomorphique (formée d'éléments humains). C'est l'homme qui parle.

- Sans nier l'intérêt deces analyses qui auront toujours le mérite d'amener le religieux à réfléchir chaque fois qu'il dit "Dieu le veut", pour chercher qui parle, il semble juste d'écouter aussi le discours d'un savant (Pascal) et d'un mystique (Jean de la Croix) pour être à même de comprendre si l'analyse réductive atteint bien l'essence de la religion.


Les réponses du croyant

- Si Dieu n'est pas un observablecar il ne relève ni des limites spatiales, ni des limites temporelles et si le discours religieux se présente comme une parole de vérité, quel peut être son statut, quelle peut être sa justification puisque l'expérience et l'expérimentation semblent impossibles? Sur quoi s'appuie la foi pour croire que Dieu est lumière, que Dieu est amour? Les Béatitudes sont-elles paroles de vérité? Reste-t-ondans la caverne au niveau de la simple croyance?

a) L'action
La raison mathématique ne saurait servir ici car l'infini divin n'a rien à voir avec l'infini mathématique qui se déploie dans l'espace.
Reste l'enquête, l'expérience ou l'expérimentation: mais il n'y a pas de concret sans abstrait, il n'y a pas d'expérimentation sans théorie!

-Pour échapper à l'anthropomorphisme (construire Dieucomme un objet), nous voilà contraints à nous abêtir à renoncer aux théories humaines. Prenons comme théorie le discours religieux qui se présente comme Verbe (ou parole) de Dieu et expérimentons-la, bien qu'elle nous semble folie par rapport à la sagesse des hommes. Ces Béatitudes prévoient une joie pour ceux qui y donnent leur assentiment: nous rendront-elles heureux d'une joie que nul ne...
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