Etude de goldman sachs

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  • Publié le : 8 mai 2011
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Programme TARP

Et ce alors même que la Banque de France faisait remarquer que le remboursement des emprunts immo-biliers des ménages français absorbait déjà 62 % de leurs revenus ! Ce qui est notoirement un défi au bon sens : il fut une époque où les organismes de crédit comme les bailleurs fixaient la barre des loyers à 25 % des revenus et celle des emprunts à 30 %…
Les banques et autresorganismes financiers ont bien évidemment la plus grande part de responsabilité dans cette débâcle. Notamment à cause des instruments de plus en plus complexes et – surtout – totalement opaques.
Mais la responsabilité des Etats n’est pas moins grave. Ceux qui ont laissé faire et, plus encore ! encouragé la déréglementation la plus totale (notamment les Etats-Unis et la Grande Bretagne).
Etl’ensemble des Etats et des institutions (FMI, OCDE, etc…) qui n’ont cessé de se bercer (ou nous bercer ?) d’illusions en répétant à l’envi que la crise n’était que passagère et que de simples «corrections» à la marge permettraient tôt fait de revenir à l’équilibre…
On pourrait en dire autant, sinon pire ! des «agences de notation» qui font la pluie et le beau temps sur la planète financière (comme siles exemples des faillites d’Eron, WorldCom et Parmalat n’avaient pas suffi à les discréditer ! Entraînant au demeurant la chute d’un certain nombre de maisons pourtant prestigieuses).

Dès le deuxième trimestre 2009, Goldman Sachs semble ignorer la crise. La célèbre banque d’affaires a fait un chiffre d’affaire de 13,8 milliards de dollars au dernier trimestre, le meilleur résultat de sonhistoire. Son bénéfice, en hausse de 68%, a atteint 3,4 milliards. Slate note que ces résultats, avant la prise en compte des frais financiers dus à l’Etat pour son prêt, reviennent à une rentabilité des capitaux propres proche de 24%, soit le niveau d’avant la crise.
Il est proprement incroyable qu’au deuxième trimestre 2009, alors que le chômage explose partout et que les conséquences de la crise sefont sentir de manière aussi douloureuse, que les résultats d’une telle banque soient si bons. La crise financière de l’automne semble avoir été effacée en à peine six mois. Mieux, ce sont les activités de marché qui se sont bien portées. Il faut dire que les indices boursiers se sont bien redressés depuis mars, donnant de multiples opportunités aux banques…

LES LEÇONS DE CE REDRESSEMENT
Ceredressement amène deux leçons importantes. Premièrement, il rappelle l’importance déterminante des évolutions du monde financier sur l’économie : leur baisse plonge l’économie réelle dans la récession, leur hausse donne une puissante impulsion positive à l’économie. En fait, la toute puissance des marchés a une dimension auto réalisatrice : un accès de pessimisme et leur baisse provoque ladépression crainte, un accès d’optimisme et les bénéfices de la hausse engendrent une reprise.

Deuxième enseignement : rien n’a été retenu de la crise. Le système économique n’a pas changé et nous sommes condamnés à subir les mêmes excès que dans le passé. À titre d’exemple, comment ne pas être découragé en constatant que Goldman Sachs s’apprête à doubler ses bonus en 2009 (20 milliards de dollars, soitplus de 700 000 dollars par personne), pour retrouver le record de… 2007. Décidemment, la crise n’aura pas duré très longtemps pour certains.

Le cas de Goldman Sachs illustre parfaitement la réalité d’un système économique qui n’a pas été changé mais seulement sauvé à l’automne par les Etats. Il n’a tellement pas changé que les mêmes excès qui ont plongé le monde dans un chaos financier sontcommis à peine quelques mois après…

Goldman Sachs Group Inc. wants to repay the $10 billion it got from the U.S. Treasury last year to signal the firm is healthy and to escape limitations that were imposed with the money, Chief Financial Officer David Viniar said.
“Operating our business without the government capital would be an easier thing to do,” Viniar said today at a conference hosted...
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