Explication de texte spinnoza

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  • Publié le : 19 mai 2010
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« On pense que l’esclave est celui qui agit par commandement et l’homme libre celui qui agit selon son bon plaisir. Cela cependant n’est pas absolument vrai, car en réalité être captif de son plaisir et incapable de rien voir ni faire qui nous soit vraiment utile, c’est le pire esclavage, et la liberté n’est qu’à celui qui de son entier consentement vit sous la seule conduite de la Raison.Quant à l’action par commandement, c’est-à-dire l’obéissance, elle ôte bien en quelque manière la liberté, elle ne fait pas sur-le-champ un esclave, c’est la raison déterminante de l’action qui le fait. Si la fin de l’action n’est pas l’utilité de l’agent lui-même, mais de celui qui la commande, alors l’agent est un esclave inutile à lui-même ; au contraire, dans un Etat et sous un commandementpour lesquels la loi suprême est le salut de tout le peuple, non de celui qui commande, celui qui obéit en tout au souverain ne doit pas être dit un esclave inutile à lui-même, mais un sujet. Ainsi cet Etat est le plus libre, dont les lois sont fondées en droite raison, car dans cet Etat chacun, dès qu’il le veut, peut être libre, c’est-à-dire vivre de son entier consentement sous la conduite dela Raison. »
- Thème : la liberté

- Question posée par le texte : Un Etat libre est-il possible ?

- La thèse se développe en deux temps :

- 1) Être libre c’est vivre sous le seul commandement de la raison car seule la raison peut permettre à l’homme de se réaliser dans son humanité.
- 2) L’Etat « le plus libre » ou le plus juste, sera celui dont les loissont fondées en droite raison, car il n’y a que dans cet Etat que les hommes pourront s’émanciper.



LA STRUCTURE DU TEXTE


Le texte se divise en trois étapes :

A. Tout d’abord Spinoza pose l’opinion courante à l’époque en ce qui concerne la liberté. Il expose cette opinion sous la forme de deux propositions :
- 1) L’homme privé de liberté est celui dont la volonté estcontrainte (l’esclave soumis au commandement d’autrui)
- 2) Par opposition l’homme libre sera celui dont la volonté n’est pas contrainte : « qui agit selon son bon plaisir ».
-
Remarque : Ici il ne peut y avoir d’ambiguïté, Spinoza se réfère à la théorie cartésienne du libre-arbitre et non à la théorie de la liberté de mouvement (Hobbes).

B. Spinoza annonce que cetteconception est fausse pour deux raisons :
Contrairement à ce que pense l’opinion courante « agir selon son plaisir » ce n’est pas faire ce que l’on veut mais faire ce que veut mais c’est « être captif » ou contraint par son plaisir, c’est donc tout le contraire de la liberté.
Il oppose alors sa propre définition de la liberté qui s’inscrit dans un cadre de pensée déterministe.

C. Ladeuxième critique faite à l’opinion courante est que le commandement n’est pas toujours synonyme de contrainte. Tout dépend de la raison qui détermine ce commandement.

C’est pour cela que contrairement à ce que pensait Hobbes, un Etat « libre » est possible. L’autorité du monarque n’est pas incompatible avec la liberté des sujets. Si la loi suprême a pour finalité « le salut du peuple » alorsles membres de cet Etat sont des sujets libres et non des esclaves.





L’explication détaillée du texte


Phrase 1- On pense que l’esclave est celui qui agit par commandement et l’homme libre celui qui agit selon son bon plaisir.

Dans la première phrase, Spinoza expose l’opinion courante selon laquelle l’esclave est l’homme soumis aux ordres d’autrui [Gaëlle C. : dont lesactions sont décidées ou voulues par quelqu’un d’autre – On retrouve ici la définition spinoziste de la « contrainte » vue en cours], l’esclave c’est donc celui dont les actions sont contraintes.

L’homme libre se définit par opposition comme l’homme qui fait ce qui lui plaît, « qui agit selon son bon plaisir ».

- Il est intéressant de discuter du sens du mot « plaisir ». Sur le plan de...
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