Explication du texte de nietzsche, extrait de humain, trop humain :

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  • Publié le : 6 mai 2011
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Explication du texte de Nietzsche, extrait de Humain, trop humain :
            La morale ne propose pas simplement des valeurs communes, une définition du bien et du mal. Elle assigne les hommes à ces valeurs, les somme de les respecter. Elle présuppose ainsi qu’ils ont la latitude suffisante pour cela, la liberté et donc la responsabilité d’obéir ou non aux prescriptions de la morale. Celle-ciest donc un système de jugement des actions humaines, qui marque du sceau de la culpabilité tous ceux qu’elle prend en défaut, tous ceux qui font volontairement le mal. Néanmoins, nombreux sont les « méchants » à clamer leur innocence, se faisant fort de circonstances atténuantes ou d’un autre système de valeur. On peut ainsi interroger l’universalité du jugement moral et surtout sa légitimité.Peut-on vraiment faire le mal en sachant qu’on le fait ? N’agit-on pas toujours en fonction d’une certaine définition du bien ?
            C’est ce problème de la légitimité du jugement moral qu’attaque Nietzsche dans cet extrait d’Humain, trop humain. Il cherche à mettre à jour les fondements implicites du jugement moral, pour en révéler l’inconséquence. Son entreprise généalogique a donc icipour fonction de destituer la morale traditionnelle, ainsi que le sentiment de culpabilité qu’elle génère, pour restaurer l’innocence de l’action humaine.
            Pour ce faire, dans un premier temps (l.1à 4), il met à jour le présupposé central du jugement moral : les hommes seraient libres de faire le bien ou le mal. Ils en sont donc responsables. Dans un deuxième temps (l.4 à 13), aprèsavoir nié cette idée sans justification, il déplace apparemment le propos de la question de la liberté à la question des motifs d’action. Ce n’est pas tant la liberté qu’évalue la morale que le motif d’action. Ainsi, dans un cas de légitime défense, les individus sont comme contraints par leur intérêt de faire le mal à autrui. Or nous n’avons pas de prise sur une telle intention, que la moralelégitime pourtant. Ainsi, dans un dernier temps (l.13-19), il suggère que ce que l’on prend pour une exception, est en réalité la motivation essentielle de nos actes. Nous agissons toujours en fonction de ce qui nous semble bien, quelles qu’en soient les conséquences. Dès lors, la morale nous condamne à tort, puisque nous voulons toujours le bien. La seule liberté, si elle existe, porte sur les moyens desatisfaire ces intentions et non sur les intentions elles-mêmes.
            Le jugement moral présuppose toujours la responsabilité de ceux qu’il vise. Nous ne sommes coupables que si nous avons la possibilité de faire autrement, et donc que si le choix du mal est volontaire. C’est un tel présupposé que Nietzsche analyse dans le début de son texte pour ensuite le remettre en question. Si lamorale repose sur un tel fondement, alors le remettre en question revient à critiquer la morale elle-même, ce qui justifie ses sentences.
Pour introduire ce présupposé, il compare deux types d’actions potentiellement porteuses de maux : celles de la nature et celles de l’homme. La nature n’agit pas de façon intentionnelle, sauf à la personnaliser. Ce qui se produit en elle est le résultat du hasardet des lois qui la régissent. Une catastrophe naturelle n’est pas volontairement nuisible aux hommes. Elle se produit, comme un ouragan par exemple, parce qu’elle doit se produire en fonction de facteurs qui la rendent nécessaire, inévitable. Une fois que ses conditions sont réunies, elle ne peut pas ne pas être. Par ailleurs, elle n’est pas nuisible en elle-même, mais lorsqu’elle contrarie lesaspirations humaines. Un ouragan n’est ni bon ni mauvais, il est. Il devient nuisible lorsqu’il remet en question la sécurité de populations humaines. Mais il ne nous veut aucun mal, car il ne veut rien. A ce déploiement nécessaire et inévitable, s’oppose apparemment l’action humaine. Son principe ne réside pas dans des lois nécessaires, mais dans la délibération d’un sujet, qui s’engage librement...
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