Explication sonnet 33 de l'olive du bellay

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  • Publié le : 24 mars 2011
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ET du sonnet 33 de L'Olive, Du Bellay

Introduction
Le sonnet 33 est situé dans le premier tiers du recueil de 1550. Dans le précédent recueil, L'Olive de 1549, qui contenait cinquante sonnets, il occupait la place 31. Il y a donc un décalage important entre les deux éditions. Entre temps, Du Bellay a intercalé entre ce poème et le premier sonnet de L'Olive les sonnets 23 et 32. On peut doncsupposer que le sonnet 32 est en quelque manière lié au sonnet 33. Il développe, en effet, le thème du temps: le poète y oppose le temps qui passe et qui fâne la beauté physique, à l'éternité qui touche les vertus morales et intellectuelles d'Olive. On a donc dans ce poème la présence de deux temporalités disctinctes: l'une définie et bornée, l'autre qui tend vers l'infini. Or les relations entrele poète et le temps sont également développées dans le sonnet 33. Le poète y évoque, en effet, l'union originelle qui existait entre sa dame et lui ainsi que le regret et la recherche de cette union. En revanche, si le poète développe le thème d'un temps passé révolu qui a vu naître son amour, il n'évoque pas directement cet éternité qui, par la permanence qu'elle confère aux êtres et aux idées,permet de dépasser la caractère éphémère des biens terrestres. Or, l'ajout, en 1550, du sonnet 32, qui mentionne clairement l'éternité consolatrice, suggère au lecteur de partir en quête de celle-ci, dans le sonnet 33.
Par ailleurs, ce sonnet est une imitation partielle de deux poèmes de l'Arioste et de Pétrarque. On y trouve donc les thèmes traditionnels de la prison d'amour et des yeux qui sontvecteurs de cet amour et de l'enfermement amoureux. Mais à ces thèmes se joint la mention du mythe platonicien de l'union des êtres, mythe développé par le discours d'Aristophane dans le Banquet de Platon. Le néoplatonisme développé dans les écrits de Marcel Ficin trouve, en effet, un écho favorable à la Renaissance. Du Bellay puise donc à la source de différentes inspirations, on a en cela unexemple d'imitation composite telle qu'elle sera pratiquée par les poètes de la Pléiade.

Nous verrons donc comment dans un poème lyrique qui mêle les thèmes pétrarquistes aux allusions néoplatoniciennes, Du Bellay dépasse l'imitation servile de ses modèles pour exprimer une sensualité de la douceur et nous oblige, par la chute de ce sonnet où se mêlent intimement amour et poésie, à une relecturemétapoétique du poème. C'est la poésie qui va finalement permettre au poète de se rapprocher de cet état de ravissement qu'il connaissait quand son coeur était uni à celui de sa dame.

O prison doulce, où captif je demeure
Non par dedaing, force ou inimitié,
Mais par les yeulx de ma doulce moitié,
Qui m'y tiendra jusq'à tant que je meure.

O l'an heureux, le mois, le jour et l'heure,
Que moncoeur fut avecq'elle allié!
O l'heureux noeu, par qui j'y fu' lié,
Bien que souvent je plain', souspire et pleure!

Tous prisonniers, vous etes en soucy,
Craingnant la loy et le juge severe:
Moy plus heureux, je ne suis pas ainsi.

Mile doulx motz, doulcement exprimez,
Mil'doulx baisers, doulcement imprimez,
Sont les torments où ma foy persevere.

Structure
La structure du sonnet estbien identifiable, les strophes possèdent chacune leur unité syntaxique et se répondent deux à deux de manière croisée. Le premier quatrain évoque un locus amoenus paradoxal – la « prison doulce » où le poète est tenu « captif », le thème de la captivité est repris dans le premier tercet, le poète s'opposant à la foule des prisonniers ordinaires. Le deuxième quatrain développe l'idée d'une unionoriginelle avec la femme aimée, union qui lie indéfectiblement le poète et le pousse à toujours rechercher cet amour réciproque. Enfin le deuxième tercet renvoie à « l'heureux noeu » qu'évoquait le poète dans le deuxième quatrain et substitue à l'image négative du vers 8 l'idée d'une quête heureuse.

Développement
Premier quatrain: un locus amoenus paradoxal
Le registre lyrique de ce...
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