Grandet

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  • Publié le : 11 décembre 2010
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EUGENIE GRANDET
par Martine REID
 

I. L'HISTOIRE

Tonnelier devenu extrêmement riche à la suite de la Révolution, Félix Grandet vit à Saumur dans une maison froide et triste. Sa femme, sa fille Eugénie et sa servante Nanon subissent au quotidien son avarice sordide, ses colères de despote. Le 15 novembre 1819, Eugénie a 23 ans. Parents et amis sont réunis quand un élégant jeune homme seprésente : c'est Charles Grandet, le cousin d'Eugénie. Pendant que Félix Grandet apprend par une lettre de son frère Guillaume que ce dernier, qui vient de faire banqueroute, va se suicider et lui confie son fils unique, l'assemblée dévisage Charles et Eugénie en devient à l'instant amoureuse. Suivent deux semaines pendant lesquelles la jeune fille et son cousin se perdent en confidences. Bientôt,ils s'avouent leur amour. Eugénie offre à Charles son « trésor », ensemble de pièces d'or que son père lui a données au fil des ans. Le jeune homme part pour les Indes en jurant de faire fortune et de revenir un jour épouser sa cousine.
Le 1er janvier 1820, Grandet demande à sa fille de lui montrer son trésor. Celle-ci refuse. Furieux, l'avare la condamne à garder la chambre. Désolée, Mme Grandetne quitte plus son lit et meurt en octobre 1822 après que son mari s'est réconcilié avec sa fille. Suivent cinq années pendant lesquelles la cupidité de l'avare augmente à proportion que sa santé décline. Quand il meurt, en 1827, il laisse une fortune considérable.
Eugénie attend toujours son cousin. En août 1827, une lettre arrive enfin : elle annonce le mariage de Charles. Désespérée, la jeunefille épouse le fils du notaire de Bonfons dont elle n'aura jamais d'enfant (elle lui a imposé un mariage blanc) et auquel elle survivra, seule et immensément riche.
 

II. HISTOIRE(S) DU TEXTE

– 1833 : rédaction. Le premier chapitre, intitulé « Physionomies bourgeoises », paraît dans L'Europe littéraire du 19 septembre, sous le titre général Eugénie Grandét, Histoire de province. Un secondchapitre, « Le Cousin de Paris », y est annoncé mais ne paraîtra pas. Eugénie Grandet est mis en vente le 12 décembre 1833.
– 1834 : édition originale. Bien que mis en vente en décembre 1833, l'édition originale d'Eugénie Grandet est datée de 1834 à Paris chez Mme Charles-Béchet. Elle compte six chapitres et constitue le premier volume du tome V des Etudes de moeurs au XIXe siècle. Elle comporteune courte introduction aux Scènes de la vie de province et une table générale des quatre volumes qu'elles comprendront, un préambule et un épilogue à Eugénie Grandet. 1 vol. in-8.
– 1839 : édition Charpentier. Deuxième édition revue et augmentée chez l'éditeur Charpentier. C'est la première édition séparée d'Eugénie Grandet. La division en chapitres disparaît. Balzac y joint la dédicace à MariaDu Fresnay.
En 1842 puis en 1849, Charpentier procède à un nouveau tirage du roman.
– 1843 : édition Furne. Eugénie Grandet prend place entre Ursule Mirouët et Pierrette dans le premier volume des Scènes de la vie de province, au tome V de la Comédie humaine. Le préambule et l'épilogue sont supprimés.
– Très peu d'interventions dans le Furne corrigé. On notera seulement cette addition, et soneffet, à la dernière page : « L'argent devait [...] donner de la défiance pour les sentiments à une femme qui était tout sentiment. » En avril 1847, Le Constitutionnel réimprime le roman en cahiers détachables. Le texte compte plusieurs moments de correction, depuis celles du manuscrit et des premières épreuves en placards pour L'Europe littéraire jusqu'à celles faites par Balzac sur le texte publiépar Furne, puis le Furne corrigé. Ces modifications successives n'ont pas été sans compliquer quelques données du roman (dont les sommes d'argent, les dates et l'âge des personnages), sans brouiller ici ou là la construction d'une phrase.
– A la mort de Mme Hanska en 1882, le manuscrit original composé de 116 feuillets est mis en vente et acheté par M. Cohen d'Anvers. Il reste dans les mains...
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