Guerre froide 1945 1960

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 23 (5723 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 16 décembre 2009
Lire le document complet
Aperçu du document
1ère SOUS-PARTIE : LA GUERRE FROIDE – 1947-1991

chapitre 1 – 1945-1947 : DE LA GRANDE ALLIANCE A LA GUERRE FROIDE

Les vainqueurs de la guerre sont l'URSS, les États-Unis, le Royaume-Uni et la France libre. Pourtant, tout oppose l'Union soviétique aux trois pays occidentaux. Pour ceux-ci, il s'agit d'une victoire de la liberté contre l'oppression totalitaire ; la démocratie doit s'imposerpartout où les nazis ont été chassés. L'Union soviétique, quant à elle, y voit l'occasion d'étendre la révolution communiste. Très vite, la confrontation succède à l'alliance. C'est le début de la guerre froide. Qu'est-ce qui provoque la fin de la Grande Alliance?

1. L'EFFRITEMENT DE LA GRANDE ALLIANCE
1.1. Deux visions du monde :
Les deux Grands, États-Unis et URSS, sortent de la guerrerenforcés. Pourtant, l'Union soviétique a été particulièrement affectée par le conflit (20 millions de morts, destructions matérielles importantes). Mais elle jouit d'un grand prestige car l'Armée rouge a largement contribué à la victoire contre le nazisme. Les États-Unis bénéficient aussi de leur image de libérateurs. De plus, ils n'ont pas subi de pertes sur leur territoire. Ils sont de loin lapremière puissance économique et financière (suprématie du dollar affirmée lors de la conférence de Bretton Woods).
Dès 1945, une méfiance réciproque entre les États-Unis et l'URSS s'installe peu à peu. Staline poursuit deux objectifs : protéger l'URSS de toute invasion en contrôlant les États d'Europe de l'Est, conforter son influence au Moyen-Orient. Il se place également dans la perspective del'expansion du communisme, mais il craint une hégémonie des États-Unis sur le monde rendue possible par leur puissance économique et militaire.
De son côté, le président des Etats-Unis, H. Truman, a cru d'abord que l'ampleur des destructions obligerait l'URSS à faire appel aux pays capitalistes et à entrer dans une logique de libre-échange. Mais l'adoption forcée du modèle soviétique par lespays d'Europe de l'Est, la vigueur des partis communistes en France ou en Italie et dans d'autres régions du monde comme en Chine inquiètent les États-Unis.
1.2. Les crises de 1946 :
Alors que la conférence de Yalta avait prévu la tenue d'élections libres, les premiers signes d'une volonté de soviétisation des pays libérés par l'URSS se manifestent à l'occasion des scrutins en Roumanie et enBulgarie. Le 27 février 1945, sous la pression des Soviétiques, un gouvernement communiste s'instaure en Roumanie. Dès le 11 mai 1945, dans un télégramme confidentiel au président américain, Churchill évoque le « rideau de fer » que les Soviétiques mettent en place entre les zones libérées par eux et celles libérées par les forces occidentales. L'idée d'une rupture possible entre l'Est et l'Ouestest donc déjà présente dans les esprits.
La dégradation des relations entre les États-Unis et l'URSS, entamée en 1945, s'accélère rapidement. Les ennemis vaincus, les oppositions idéologiques s'affirment à nouveau et des conflits d'intérêts surgissent. Plusieurs événements confirment aux yeux des États-Unis l'idée d'une volonté d'expansion de l'URSS et d'une impossible entente. La volonté deStaline de pousser son avantage accroît les tensions. Il tente d'obtenir le partage des détroits de la mer Noire avec la Turquie. Dans le nord de l'Iran, les Soviétiques présents militairement depuis 1943 maintiennent leurs troupes et provoquent une sécession combattue par l'armée iranienne. En Grèce, les communistes se soulèvent contre les monarchistes soutenus par la Grande-Bretagne. Commence uneguerre civile qui se prolonge jusqu'en octobre 1949. En Chine, les communistes emmenés par Mao Zedong marquent des points dans la guerre civile qui les oppose au régime nationaliste de Tchang Kaï-Chek depuis les années 1930. Le maintien de l'Armée rouge dans les territoires d'Europe de l'Est qu'elle a libérés et la puissance des partis communistes dans cette région inquiètent les Anglo-Saxons ; en...
tracking img