Haiti

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 14 (3359 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 13 mai 2010
Lire le document complet
Aperçu du document
À la veille de la Révolution française, la colonie de Saint-Domingue est d’une prospérité sans égale[réf. souhaitée]. Elle est le premier producteur mondial de sucre[réf. souhaitée] – avec plus de la moitié de la production[réf. souhaitée] – comme de café[réf. souhaitée]. Son commerce extérieur représente plus du tiers de celui de la France métropolitaine[réf. souhaitée]. Un Français sur huit envit directement ou indirectement[réf. souhaitée]. Cette opulence est bâtie sur un système économique critiqué et une organisation sociale inhumaine[réf. souhaitée].

Le système mercantiliste de l’« Exclusif colonial », inventé par Jean-Baptiste Colbert, vise à enrichir la métropole. Il repose sur le monopole commercial et l’interdiction de l’industrie locale. La métropole fixe les prix. Lescolons, très critiques, usent de contrebande et fomentent même des troubles[réf. souhaitée].

La société des colons est très inégalitaire : aux riches planteurs, ou grands blancs[réf. souhaitée] issus de la noblesse ou de la bourgeoisie du grand négoce, répond la foule des petits fonctionnaires, employés et ouvriers, appelés petits blancs[réf. souhaitée].

Surtout, l’esclavage estparticulièrement cruel. Le Code Noir de 1685, pourtant édicté pour l’« humaniser », punit ainsi de mort l’esclave qui aurait frappé son maître (art. 33), voire aurait commis un vol (art. 35). L’esclave avait le statut juridique d’un bien meuble (art. 44). Encore, ce code n’est-il pas respecté[réf. souhaitée]. L’obligation d’évangélisation est négligée[réf. souhaitée]; le repos obligatoire du dimanche, souventreporté[réf. souhaitée]. À la peine capitale prévue, les décisions de justice ajoute souvent des supplices pour leur caractère exemplaire[réf. souhaitée]. La cruauté des colons est telle que l’espérance moyenne de vie d’un esclave ne dépassait guère dix ans[réf. souhaitée].

Enfin, alors que le Code ne connait que deux catégories d’individus - les libres et les esclaves - les gens de couleurlibres (les mulâtres libres et les nègres affranchis) se voient progressivement refuser l’égalité avec les blancs[réf. souhaitée] : Ils ne peuvent hériter de titres de noblesse, certains emplois leur sont interdits, ils doivent déférence aux blancs, etc.[réf. souhaitée]

Or, l’évolution démographique est défavorable aux blancs[réf. souhaitée], et plus particulièrement aux grands planteurs.L’opulence de la colonie au XVIIIe siècle attire un nombre croissant de Français modestes[réf. souhaitée], venant chercher fortune. La plupart restent dans la misère[réf. souhaitée]. Le nombre de libres de couleur s’accroit encore plus rapidement : D’une poignée au début du siècle, leur nombre avoisine celui des blancs en 1788, soit environ 30 000[réf. souhaitée]. Quant aux esclaves, aussi nombreux queles blancs au XVIIe siècle, ils sont plus de 500 000[réf. souhaitée] à la veille de la Révolution, tant la Traite des noirs s’amplifie. À la fin du XVIIIe siècle, plus de 30 000 Africains débarquent chaque année dans les ports du Cap-Français ou de Port-au-Prince[réf. souhaitée].

Si on ajoute à ce tableau les rivalités régionales entre le Nord, le plus opulent, le Sud, et l'Ouest séparés pardes chaînes montagneuses, l’opposition entre les fonctionnaires et les blancs créoles (c’est-à-dire nés sur place) ainsi qu’entre les planteurs et les commerçants, le rôle déstabilisateur de l’Espagne, possédant la partie Est de l’île, ou de l’Angleterre, on comprend la complexité du déroulement de la révolution de Saint-Domingue[réf. souhaitée].

De leur côté, les révolutionnaires français sontécartelés entre le principe d’égalité et le réalisme économique[réf. souhaitée].
Les revendications des blancs et des mulâtres [modifier]

Les colons de Saint-Domingue considérèrent la convocation aux États généraux de 1789 comme une opportunité pour se défaire du système de l’Exclusif. Malgré le refus préalable du roi Louis XVI, ils réussissent à faire accepter six députés à l’Assemblée...
tracking img