Histoire de l'enseignement de la chirurgie

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Comment se transmet l’Art chirurgical : du barbier à internet

Pierre-Olivier PINELLI
Praticien Hospitalier – Chirurgien des Hôpitaux
Chirurgien Orthopédiste
CHU Conception – 147 Bvd Baille – 13385 Marseille Cedex 05
pierreolivier.pinelli@ap-hm.fr
Mobile : +336 19 99 88 22

La chirurgie est une science, dans le sens où le résultat des opérations chirurgicales est, en règlegénérale, prévisible et démontré par l’expérience. Mais c’est aussi un art, activité complexe nécessitant une approche purement humaine conduisant à savoir poser une indication chirurgicale. La science nous permet de comprendre, donc d’expliquer les choses ; l’art seul nous permet de soigner. « Vita brevis, Art longa » disait Hippocrate, et l’histoire de l’enseignement de notre Art nous le démontre.Leçons de Barbiers

Aux temps d’Hippocrate, de Galien, de Celse ou d’Albucassis, le chirurgien était avant tout un médecin érudit de philosophie qui pratiquait un certain nombre d’actes techniques comme la trépanation du crâne, la cure des hernies ou encore la taille vésicale par voie périnéale. Mais au Moyen Age, l’Eglise contrôle les Universités et exclut de leurs enceintes les chirurgiens quiportent atteinte à l’intégrité du corps humain, qui est fait à l’image de Dieu : « Ecclesia abhorret a sanguine ». L’enseignement de la Chirurgie allait être assuré par des a

Il est difficile de se faire une idée précise de ce qu’était l’enseignement de la chirurgie pendant toute l’Antiquité et une partie du Moyen Age. Ce que l’on peut dire, c’est qu’à cette époque, le chirurgien était avanttout un médecin érudit de philosophie (Hippocrate, Celse, Galien, Albucassis ...).
A la fin du XIIème siècle et au début du XIIIème, naissent de prestigieuses Universités : Bologne (1188), Paris (1215), Montpellier (1220) ; mais celles-ci restent contrôlées par l’Eglise qui impose la scolastique dans la formation des médecins, c’est-à-dire un enseignement intégrant les conceptsphilosophiques historiques mais interprétés dans le respect du dogme. On ne touche pas au corps humain, qui est fait à l’Image de Dieu : « Ecclesia abhorret a sanguine » (l’Eglise a horreur du sang). Dans ces conditions, l’enseignement de la chirurgie devenait problématique et celui-ci allait donc quitter l’enceinte des universités pour tomber dans les mains d’artisans spécialisés : les Barbiers.
Quisont-ils ? Ouvriers simples et illettrés, ils apprennent à raser, à peigner puis à soigner et à panser les « clous, anthrax, bosses et charbons » auprès d’un Maître. Leur formation terminée, les apprentis passés Maîtres peuvent s’établir et « ouvrir boutique » en ville. D’autres opérateurs, plus intrépides et nomades, opèrent les hernies et abattent les cataractes. Ils pratiquent les grandesopérations que les barbiers n’osent aborder. Risquant leurs mains ou leur vie en cas d’échec, leur salut passe par une évacuation aussi rapide que possible du « champ de soins ». Certains d’entre eux, constituant l’élite de leur profession et voulant que celle-ci soit reconnue et correctement enseignée, vont former à Paris une confrérie placée sous l’invocation de Saint Côme et Saint Damien, deuxbienheureux qui avaient cultivé l’art chirurgical en Arabie. L’enseignement dispensé sera copié sur celui de l’Université, il sera demandé à l’apprenti barbier-chirurgien d’être « clerc grammairien » et de parler latin. Guy de Chauliac (env 1290 – 1368), à qui l’on doit « La Grande Chirurgie » paru en 1363, en est un des plus illustres représentants. Ambroise Paré (1517 – 1590) fut également reçu auCollège de Saint Côme et ce, sans examens. Son cas fait exception car il ne parlait pas le latin. Mais ses écrits en français ont contribué, sans aucun doute, à diffuser plus largement son expérience aux jeunes apprentis chirurgiens.

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