Histoire

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  • Publié le : 4 mai 2011
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Scène VI tabouletaa
LE COMTE, ROSINE, FIGARO
Figaro allume toutes les bougies qui sont sur la table.
LE COMTE. La voici. — Ma belle Rosine !…
ROSINE, d’un ton très compassé. Je commençais,Monsieur, à craindre que vous ne vinssiez pas.
LE COMTE. Charmante inquiétude !… Mademoiselle, il ne me convient point d’abuser des circonstances pour vous proposer de partager le sort d’un infortuné !Mais quelque asile que vous choisissiez, je jure sur mon honneur…
ROSINE. Monsieur, si le don de ma main n’avait pas dû suivre à l’instant celui de mon cœur, vous ne seriez pas ici. Que la nécessitéjustifie à vos yeux ce que cette entrevue a d’irrégulier.
LE COMTE. Vous, Rosine ! La compagne d’un malheureux sans fortune, sans naissance !…
ROSINE. La naissance, la fortune ! Laissons là les jeux duhasard, et si vous m’assurez que vos intentions sont pures…
LE COMTE, à ses pieds. Ah ! Rosine ! Je vous adore !…
ROSINE, indignée. Arrêtez, malheureux !… vous osez profaner !… Tu m’adores !… Va !tu n’es plus dangereux pour moi ; j’attendais ce mot pour te détester. Mais avant de t’abandonner au remords qui t’attend (en pleurant), apprends que je t’aimais ; apprends que je faisais mon bonheurde partager ton mauvais sort. Misérable Lindor ! J’allais tout quitter pour te suivre. Mais le lâche abus que tu as fait de mes bontés, et l’indignité de cet affreux comte Almaviva, à qui tu mevendais, ont fait rentrer dans mes mains ce témoignage de ma faiblesse. Connais-tu cette lettre ?
LE COMTE, vivement. Que Votre tuteur Vous a remise ?
ROSINE, fièrement. Oui, je lui en ai l’obligation.LE COMTE. Dieux, que je suis heureux ! il la tient de moi. Dans mon embarras, hier, je m’en suis servi pour arracher sa confiance ; et je n’ai pu trouver l’instant de vous en informer. Ah, Rosine ! ilest donc vrai que vous m’aimez véritablement !
FIGARO. Monseigneur, vous cherchiez une femme qui vous aimât pour vous-même…
ROSINE. Monseigneur !… Que dit-il ?
LE COMTE, jetant son large manteau,...
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