Hyacinthe rigaud - la peinture au 17eme siecle

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  • Publié le : 6 avril 2011
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La peinture au XVIIème siècle
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Madame Rigaud, en deux attitudes différentes (1665)

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– Hyacinthe Rigaud (1659-1743) –

~ Le baroque & le classicisme

Nombreux sont les peintres qui expriment une sensibilité réellement baroque, traduite par un profond intérêt pour les scènes de vie familiale ou champêtre convenant particulièrement aux recherches sur les effets lumineux. Lesfrères Le Nain, Antoine (1588-1648), Louis (1593-1648) et Mathieu (vers 1607-1677) composent des scènes silencieuses baignées d’une couleur douce et poétique dont la vie paysanne constitue le thème principal, comme La Charrette ou Le Repas des paysans. Plus proche du caravagisme, Georges de la Tour utilise la lumière d’une lampe ou d’une chandelle, comme dans Saint Joseph charpentier, pour projeterdes ombres épaisses autour des silhouettes.

La tendance classique de la peinture française se manifeste plus tard et son premier représentant est Nicolas Poussin. Totalement étranger aux éclairages caravagesques, Poussin distribue au contraire la lumière dans ses tableaux de manière égale, à la façon des peintures de la Renaissance. Ses œuvres religieuses ou mythologiques, comme Orphée etEurydice, dans lesquelles le paysage d’Italie est parsemé de ruines évocatrices, acquièrent par moments une puissance remarquable. Mais c’est dans le portrait que le Classicisme français s’inscrit le mieux. Philippe de Champaigne (1602-1674) met en scène sa fille avec la supérieure de couvent de Port-Royal, dans son fameux Ex-voto, et réalise un très beau Portrait du cardinal de Richelieu. Charles LeBrun (1619-1690) avec l’Entrée du chancelier Séguier, ou Hyacinthe Rigaud avec le Portrait de Louis XIV sont à l’origine de la diffusion dans toute l’Europe du portrait « à la française ».
~ Hyacinthe Rigaud

Hyacinthe Rigaud fut l’un de ces peintres français qui sous l’Ancien Régime connurent comme portraitistes la plus haute célébrité. Cette admiration était méritée à la fois par l’abondancesurprenante de l’œuvre et par sa constante perfection.
 
Né à Perpignan en juillet 1659, Rigaud s’était formé à Montpellier, puis à Lyon, avant de gagner Paris. Il y avait fréquenté l’École de l’Académie royale et en septembre 1682 il obtenait le premier prix de peinture d’histoire avec le sujet de Caïn bâtissant la ville d’Énoc.
 
C’était voir s’ouvrir le séjour envié à Rome. Que se passa-t-ilexactement ? On nous dit que Charles Le Brun, frappé par les dons du jeune homme pour l’art du portrait, lui conseilla de demeurer à Paris. 1682 : c’est le moment où Le Brun médite sur la Grande Galerie de Versailles et ne souhaite pas voir s’éloigner des hommes de talent…
 
On découvre donc dans l’œuvre de Rigaud quelques-uns des noms les plus fameux du temps, à commencer par de grands portraitsen pied comme le Louis XIV peint en 1701 (musée du Louvre) ou le Bossuet en habit d’apparat (1702, ibidem), d’autres présentés à mi-corps, tels le Jules Hardouin-Mansart, premier architecte et surintendant des Bâtiments du roi (peint en 1685, Louvre), le sculpteur Desjardins (peint en 1692 et présenté comme morceau de réception à l’Académie, également au Louvre), ou encore le Robert deCotte peint en 1713 (ibidem).
 
Dans certains cas, Rigaud n’hésite pas à développer une longue perruque qui rivalise avec les ornements de soie et de broderies (Portrait du marquis de Dangeau, 1702, Versailles, musée national du château) ; mais souvent il se contente de la mise en page la plus simple et du coloris le plus sobre. Ainsi avec le Portrait de Pierre Drevet, exécuté vers 1700 et conservé aumusée des Beaux-Arts de Lyon. Pourtant, signe d’amitié profonde, ici le peintre a installé au second plan sa propre image.

  
Rigaud travaillait avec assiduité, et il vécut jusqu’à quatre-vingt-cinq ans, ce qui suffirait à nous assurer d’une production égale aux plus considérables. Or il avait très tôt pris l’habitude de rédiger un « livre de raison » mentionnant toutes ses œuvres et la somme...
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