Internationalisation

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  • Publié le : 19 décembre 2011
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L’internationalisation des entreprises : une analyse microéconomique de la mondialisation
des biens, et à un degré de serL ’accroissementaucunéchanges internationaux deLe ratiomajeurs moindreinternationaux vices, est sans doute l’un des bouleversements qui ont marqué l’économie mondiale au cours des dernières décennies. des échanges

de biens et services au PIB mondial, tel qu’enregistré parles balances de paiements, dépasse aujourd’hui nettement les 30 %, alors qu’il était inférieur à 13 % au début des années 1970. Encore s’agit-il d’une vision restrictive du phénomène, notamment dans la mesure où la production et la vente sur place des filiales à l’étranger n’est pas comptabilisée en balance des paiements (1). Ainsi, la mondialisation est un phénomène macroéconomique si visiblequ’on l’imagine partout, et s’imposant à tous. Or, les données microéconomiques renvoient une image plus nuancée de la réalité. L’analyse de données microéconomiques de commerce international fait ressortir quelques régularités statistiques originales : dans tous les pays du monde, développés ou émergents, la proportion d’entreprises directement engagées dans une relation internationale est trèsfortement minoritaire. Elle dépasse rarement les 20 %. De plus, la plupart des exportateurs n’ont qu’une présence extrêmement limitée sur les marchés mondiaux, en n’étant actifs que sur quelques marchés, voisins de leur pays d’origine (plus de 40 % des exportateurs français, par exemple, ne desservent qu’une seule destination).
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Ceci nous rappelle avec force une évidence : même si la mondialisationest un phénomène macroéconomique majeur, même si les économistes et les décideurs politiques ont pris l’habitude d’aborder les questions de compétitivité sous l’angle d’une compétition entre nations, ce ne sont pas les pays qui commercent entre eux, mais bien les entreprises. En s’appuyant sur des outils théoriques nouveaux, et des données individuelles originales, les développements récents de larecherche en économie internationale rétablissent l’équilibre, en laissant plus de place à l’analyse microéconomique de la mondialisation.

Deux théories et demi… plus une
Krugman avait ouvert un nouveau champ à la théorie du commerce international, avec l’introduction de la concurrence monopolistique, en s’inspirant des travaux de Dixit et Stiglitz (Krugman, 1979). Les échanges étaient fondéssur la demande de variété du consommateur, qui ne pouvait être satisfaite en autarcie en raison des rendements croissants dans la production de chaque variété, rendements croissants découlant eux-mêmes

1.  En effet, les exportations et importations, retranscrites dans les balances des paiements, ne concernent que les flux de biens et services qui traversent les frontières. Mais les entreprisespeuvent aussi faire le choix de desservir les marchés étrangers en y implantant une filiale de production.

ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N° 435–436, 2010

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de la présence de coûts fixes (2). Les différences de coûts comparés liées aux dotations factorielles ou à la technologie n’étaient dès lors plus nécessaires à l’apparition d’un commerce international, même si de telles différencesrestaient compatibles avec l’existence d’échanges croisés de produits similaires (Helpman et Krugman, 1985). Cette approche a constitué pendant longtemps l’épine dorsale des travaux d’économie internationale appliquée, comme dans le cas du modèle de gravité des échanges (3). Au cœur de cette nouvelle théorie des échanges, on trouve une firme représentative disposant d’un monopole sur la variété (unique)qu’elle produit, mais soumise à la concurrence des autres variétés (des autres firmes), en l’absence de barrières à l’entrée.
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Bien entendu, les approches en termes de comportements stratégiques n’étaient pas abandonnées pour autant, notamment sous l’influence de Brander qui a étudié le comportement d’oligopoles internationaux (Brander 1981, Brander et Krugman 1983). Mais ces éléments...
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