La crise du 16 mai 1877

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  • Publié le : 4 novembre 2010
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Dissertation
La crise du 16 mai 1877

«Quand la France aura fait entendre sa voix souveraine, il faudra se soumettre ou se démettre». Cette invite comminatoire a été adressée publiquement à Lille par Léon Gambetta au président de la République, le maréchal Mac-Mahon, au terme de la crise institutionnelle ouverte le 16 mai 1877. Ce jour-là, le président avait renvoyé le président du Conseil,Jules Simon, puis il avait dissous la Chambre des députés. La nouvelle majorité législative ayant récusé le ministère choisi par le président de la République, celui-ci n'avait eu d'autre choix que de s'incliner en décembre 1877 puis de démissionner le 30 janvier 1879. Après lui, aucun président de la troisième République n'osa plus dissoudre la Chambre des députés.
La troisième république à euune naissance difficile. En effet, la guerre avec la Prusse perdure, ce qui rend l’établissement des institutions particulièrement délicates. Par ailleurs, une grande partie des français n’acceptent pas le régime républicain et espèrent pouvoir rétablir un régime monarchique.
Dès la défaite militaire, la république est proclamée, sans consultation des français, c’est la république de fait. Aprèsla défaite de Sedan, Napoléon III est déchu et un gouvernement provisoire est proclamé : le gouvernement de défense nationale. Le nouveau régime, se rendant compte de l’inutilité de poursuivre la guerre, recherchera la paix. Pour ce faire, une assemblée nationale sera élue, majoritairement monarchiste, ce qui traduit la méfiance des français envers la République et Thiers, homme de droite, sera àla tête de l’exécutif et provoque l’appréhension des monarchistes. Cette contradiction entre la République et l’Assemblée monarchiste explique qu’on ne statue pas immédiatement sur le régime politique et les institutions. Ce sera l’attente institutionnelle : le pacte de Bordeaux.
La population de Paris, qui avait été durement éprouvée pendant la guerre contre la Prusse, avait toujours cru enla victoire finale, et avait voté en majorité pour les républicains qui voulaient continuer la guerre. L’exaspération des parisiens face a une assemblée majoritairement monarchiste qui voulait traiter avec Bismarck provoquera l’insurrection de la population parisienne, et l’épisode de la Commune de Paris.
L’échec de la Commune renforcera les républicains, car ils ont su la réprimer. Renforcementqui déplait à l’assemblée qui va tenter de contrecarrer Thiers. Ce sera la république des ducs, où l’assemblée, qui se méfie de Thiers tentera de l’évincer, tout d’abord par le biais de la loi Rivet, le 31 août 1871, puis avec la constitution de Broglie, le 13 mars 1873. L’assemblée finit par révoquer Thiers et le 25 mai 1873, élit le maréchal de Mac Mahon, un monarchiste convaincu.
Unecommission de 30 membres est nommée pour préparer des lois constitutionnelles. Elle se résout, au bout d’un an et demi à présenter un projet institutionnel. C’est au cours des discussions sur ce projet qu’eut lieu l’amendement Wallon, qui proclame définitivement et tacitement, de manière à le faire accepter par l’assemblée, le régime Républicain : « le Président de la République est élu à la majoritéabsolue par le Sénat et la chambre des députés ».
Il n’existe pas vraiment de constitution de 1875, ce sont trois lois constitutionnelles. C’est une assemblée monarchiste qui a élaboré ces lois constitutionnelles, mais il y a aussi des députés républicains qui ont des valeurs républicaines. Ces lois peuvent donc se lire comme celles d’une République présidentielle ou celles d’une républiqueparlementaire. Il faudra la crise politique du 16 mai 1877 pour résoudre la question. Les lois constitutionnelles sont brèves, et se caractérisent par l’absence de dogmatisme. Il y eut un véritable compromis politique entre monarchistes et républicains. Les monarchistes ont fait des concessions en acceptant la République et le suffrage universel, quant aux républicains, ils ont renoncé à la chambre...
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