La femme de gilles

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  • Publié le : 26 mars 2011
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La femme de Gilles

Présentation générale

Analyse de la couverture

Austère n'est pas le mot. Sobre plutôt. Ou simple peut-être. D'une simplicité poétique. Comme la vie que mène Elisa entre ses quatre murs. Ces murs sont d’ailleurs aussi pâles, aussi banales que son existence. Perdue dans ses pensées, elle se distingue à peine sur la couverture qui nous fait penser à une phrase de la page8 : « Chaque fois, il la trouve immobile, un peu hagarde… » . Elisa est effacée, elle est inexistante sans Gilles.

Analyse du titre : pourquoi la femme de Gilles et pas Elisa ?

Elisa n’existe pas en tant qu’Elisa. Elisa n’existe qu’au travers de Gilles, de ses regards, ses gestes, ses paroles, ses désirs… Toute son existence est conditionnée par celle de Gilles : il est la cause de ses joieset de ses peines. Il est le sens de sa vie.

Analyse du point de vue des éditeurs

Il ne fait que confirmer ce qu’on savait déjà : la chose qu’Elisa sait le mieux faire au monde est d’aimer Gilles. Envers et contre tout. Sa soumission apparente à son sort de femme trompée n’est autre que le reflet de son immuable espoir en la reconquête du cœur de Gilles. Un jour, il lui reviendra, elle enest persuadée ; en attendant elle souffre et elle accepte cette souffrance.

Elisa

Elisa a un beau corps lourd, un visage long et plein, des traits réguliers et des cheveux sombres et luisants. Femme du Nord, d’où lui vient cet air étrange d’Espagnole (pp 9-10).
Son corps devient chaque jour plus lourd et plus déformé (p. 21).
Elle a un beau front (p.29).
Elle a de beaux seins (p.45).Enceinte Elisa était jolie : ses gros seins s’accordaient bien à cette chair vaste et belle et à ce grand corps chaleureux (p.79).
Elle a des yeux calmes et bienveillants (p.92).
Elle est grande et douce (p.141).
Elle a des cheveux noirs et brillants qui encadrent son pâle visage amaigri. Chevelure étendue, longue, immense, trop lourde pour cette petite tête exténuée (p.151).

Personnage centralde l’histoire, Elisa est mère au foyer : chaque jour elle frotte, lave, cuisine et vit dans l’attente de Gilles. Sans Gilles, Elisa n’a aucune raison d’exister, sa reconnaissance sociale dépend d’ailleurs de celle de Gilles. Eperdument amoureuse, elle est à son entière disposition et n’a pas de contacts sociaux hormis sa sœur et sa mère. Discrète et prévenante, elle est ravie de son histoire sanshistoire, fier de ce bonheur familial solide et simple. Isolée dans son huit clos, elle finit par comprendre : Gilles la trompe. Avec sa sœur. Elle décide de résister, de garder son mari, de préserver sa vie sans histoire. Mais plutôt que de le faire par le biais de l'affrontement, elle choisit la passivité, apparente, la compréhension, l'effacement, persuadée qu’elle peut l’aimer quel qu'en soitle prix. En absence de confident, un étrange combat intérieur commence alors, fait de courage, d'abnégation, de silences. Véritable martyre, elle devient l’amie, la sœur, la confidente de Gilles. Son amour reste entier, il n’a aucune limite. Elle écoute sans parler : elle ne lui fait aucun reproche, ne lui exprime jamais sa douleur, elle l’épaule et attend la fin de cet amour déraisonnable, elleattend les jours heureux. Cette attitude provoque l’indignation des femmes du village et également l’agacement du lecteur.
Malheureusement, quand la liaison s’achève, enfin, Elisa comprend qu’elle n’est pas encore au bout de ses peines. Elle doit regagner l’amour de Gilles qui est persuadé de ne plus pouvoir aimer. Elisa perd toute raison de vivre : elle ne peut vivre un seul jour sans l’amour deGilles. Elle se questionne alors sur le but de sa vie. Elle n’en voit aucun. Elle se rend compte qu’elle n’est rien et qu’il n’y a rien autour d’elle. Elle était l’amour de Gilles et rien d’autre. Maintenant elle ne sait plus si elle aime. Son cœur est fané à force d’endurer. Elle va mettre fin elle-même à son calvaire. Sans se soucier de Gilles. Son suicide est l’unique instant du récit où...
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