La malbouffe en france

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  • Publié le : 12 décembre 2011
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Introduction :

Le numéro 43 de la revue Terrain paru en septembre 2004 intitulé « Peurs et menaces » propose un article ainsi appelé : « La peur au ventre ». La préoccupation alimentaire est une question persistante et récurrente dans les sociétés modernes post-industrielles, et ce du fait que ces dernières aient notamment due faire face à un certain nombre de polémiques sur le sujet.
Deplus, l’augmentation de la capacité scientifique de surveiller ce que nous mangeons, par le biais de contrôles sanitaires ou autres tests, joue finalement également un rôle inverse, c'est-à-dire qu’au lieu de rassurer elle entretient la spirale phobique qui entoure tout ce qui touche à la nourriture.
Mais pour autant cette peur de ce que l’on mange n’est pas nouvelle et ne va pas de paire,contrairement à l’idée que l’on peut en avoir, avec le développement de nouveaux éléments modernes comme les pesticides, les OGM ou autres fast-food.
Dans son ouvrage Histoire des peurs alimentaires, du Moyen-âge à l’aube du XXe siècle, Madeleine Ferrières souligne le fait que cette peur est en fait une préoccupation assez ancienne. Déjà dans l’Antiquité, à Rome ou à Alexandrie, la rôle de gouteur estlargement répandu, les souverains ou autres personnalités de l’époque vivant dans la crainte constante d’une tentative d’empoisonnement. En guise d’anecdote, il est statistiquement prouvé que le nombre de morts par empoisonnement en France a fortement baissé à partir de 1884 et l’instauration du droit de divorce.
Mais s’il fallait trouver une date clé dans toute cette Histoire, il seraitpossible de remonter jusqu’à la naissance du principe de précaution, en 1303. C’est ce que propose M. Ferrières dans son ouvrage, car cette date caractérise la prise en compte officielle des dangers que peuvent représenter certaines pratiques et notamment celle de se nourrir. A cette époque, la peur principale était de périr suite à la consommation de viande avariée ou nocive, et notamment suite à laconsommation de pâté, dont la commercialisation débute, un produit qui intrigue du fait que les consommateurs ne sachent pas vraiment ce qu’il y a dedans. Les fables vont bon train, certaines prétendants qu’il s’agit notamment de viande de chat.

Aujourd’hui, manger n’est pas non plus une pratique risquée et accessible uniquement aux plus téméraires, mais il demeure une réelle crainte autour decela. Plusieurs facteurs participent de la pérennité de ce phénomène. En réalité, de nos jours cette peur alimentaire est largement nourrie des scandales avérés mais aussi des fables et autres légendes urbaines dont nous parlait Cornélius il y a deux semaines. Finalement, vivre dans un climat de crainte constant en ce qui concerne ce que nous mangeons semble aujourd’hui relever de la paranoïa, tantle concept de sécurité alimentaire semble être l’une des composantes les plus fiables de nos sociétés modernes.
Cependant, Noëlie Viales, dans le numéro de Terrain cité plus en amont, soutient qu’un comportement issu de l’exigence bien connue de « savoir ce que l’on mange » entretient tout de même cette spirale craintive et empêche la disparition totale de ce phénomène. L’existence d’un siteinternet recensant les différentes alertes alimentaires est l’exemple même du fait que les individus ont constamment besoin de se sentir protégés et rassurés dans leurs comportements alimentaires.

D’où la question qui va guider notre exposé, au regard du paradoxe établi entre la croissance des normes sécuritaires et la persistance de cette peur de ce que l’on mange :
Les normes de sécuritépourraient-elles permettre d’écarter toute peur relative à l’alimentation ?

La thèse sera la suivante : les normes sécuritaires ont sans doute réussi à rassurer les populations sur un certain nombre de craintes qui entourent les comportements alimentaires, sans pour autant les faire disparaitre. Ces normes servent peut-être plus à montrer que tout est fait pour limiter les risques alimentaires....
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