La musique traditionnelle du morin khuur

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  • Publié le : 9 octobre 2010
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La musique traditionnelle du Morin Khuur

Depuis plus de sept siècles, le violon à deux cordes orné d’une tête de cheval, appelé morin-khuur, occupe une place de choix dans la culture des populations nomades de Mongolie. Des sources écrites, datant de l’empire mongol des XIIIe et XIVe siècles, font référence à des instruments à cordes au manche surmonté d’une tête de cheval. L’importance de ceviolon-cheval va bien au-delà de sa fonction d’instrument de musique. Il constitue, en effet, un élément essentiel des rituels, des cérémonies et de la vie quotidienne. La conception singulière du morin-khuur est étroitement liée au culte du cheval, cher à ce peuple. Le corps évidé, de forme trapézoïdale, est muni d’un long manche dépourvu de frettes, au sommet duquel trône une tête de chevalsculptée. Juste en dessous, semblables à des oreilles, deux chevilles font saillie de chaque côté du manche. Habituellement, la caisse de résonance est recouverte d’une peau d’animal, les cordes et l’archet sont en crin de cheval.
Malgré sa conception simple en apparence, le morin-khuur possède une étonnante richesse de sons expressifs. La sonorité caractéristique de l’instrument est produite enfrottant l’archet sur les deux cordes. Les techniques de jeu les plus répandues sont les poussés-tirés d’archet de la main droite avec divers doigtés de la main gauche, les martelés et les pincés, différentes formes de pizzicato et les glissades, technique empruntée à la musique chinoise. L’instrument se joue le plus souvent en solo, mais peut aussi accompagner des danses, des chants (urtyn duu),des récits mythiques, des cérémonies ou les tâches quotidiennes liées aux chevaux. À ce jour, le répertoire du morin-khuur a conservé quelques airs anciens (tatlaga) destinés à dompter les animaux, vestige d’une époque révolue où l’on prêtait à la musique des vertus magiques. Les techniques instrumentales ont été transmises oralement de maître à élève pendant des générations. La musique dumorinkhuur a en effet toujours été difficile à transcrire en notation classique, du fait de la présence simultanée du ton principal et d’harmoniques.
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La Mongolie : le Morhin Ruuhr et le chant diphonique
Le chant diphonique est une technique vocale impressionnante très répandue en Asie centrale et particulièrement en Mongolie. Ce chant est en quelque sorte une imitation de la guimbarde.
Unelégende mongole raconte que ce chant serait l'imitation par l'homme du chant d'une rivière coulant entre deux collines.
Le chant diphonique est également appelé chant des harmoniques car il s'agit pour le chanteur d'émettre plusieurs sons simultanément. Il est donc capable de chanter deux voix à lui seul : tout d'abord un son de base souvent grave (son fondamental) ainsi qu'un ensembled'harmoniques dans lesquelles il peut moduler une mélodie.
Afin de pouvoir émettre les harmoniques le chanteur doit moduler les résonnances de sa cavité buccale avec sa langue. Les mongols possédent six techniques de chants et sont capables d'émettre plus de quarante harmoniques différentes.
Les sensations pour un chanteur sont de produire un son avec la gorge et de placer sa langue de telle sorte qu'ellesimule dans la bouche la prononciation des voyelles.
Très répandu en Asie centrale, Sibérie et Mongolie, on retrouve cette technique vocale dans de nombreux pays. Elle est utilisée chez certains chanteurs classiques indiens. Des techniques semblables sont utilisées par les chanteurs corses particulièrement à la fin des phrases terminées par de longues notes afin de tirer les harmoniques dessons.
En afrique du sud, les femmes Xhosa utilisent également une technique de chant diphonique.
Au Tibet la Voix de Dzo est un chant diphonique très précis (on n'émet que l'harmonique 10) destiné à la concentration spirituelle. Ce chant est nommé Dzo car il rappelle le cri du Dzo, animal né du croisement entre le yack et la vache.

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L’Urtiin Duu - chants longs traditionnels populaires...
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