La religion est-elle l'opium du peuple ?

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  • Publié le : 3 mars 2010
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I: La religion qui aliène l’homme

Le rapprochement par Karl Marx du concept de croyance religieuse avec l’idée d’engourdissement exacerbé par l’opium laisse supposer que la religion peut être perçue comme une des formes d’aliénation de l’homme. L’aliénation se définit comme l’asservissement d’un individu suite à des contraintes extérieures et qui amènent à l’altération de ses capacités deréflexion. La religion serait donc un vecteur d’”abêtissement” de l’homme en ce sens où elle instaure par le biais d’écrits dits “sacrés” un système d’ordre et de définition du bien et du mal qui suscitent des craintes chez l’homme. Cette peur du châtiment, du “jugement dernier” maintiennent l’homme sous le joug d’une autorité l’empêchant d’agir et de se comporter comme sa raison le pousserait à lefaire que Freud qualifierait d”’empêchement à penser”.
Mais il convient alors de se demander ce qui pourrait pousser l’homme à s’asservir en se posant lui-même sous l’autorité de ce Dieu en lequel il donne toute puissance.
Pour Freud, c’est “l’angoisse humaine (...) divine” qui est à la source de la croyance, c’est le besoin vital que l’homme a de se sentir protégé par une figure paternelle enqui il place toute sa confiance. Et c’est en grandissant que l’homme se rend compte que son père humain est impuissant à le protéger de la vie et qu’il place sa confiance dans celle d’un Père tout puissant. Mais Freud ne désespère pas de voir l’homme grandir encore et se passer de ce besoin de protection ,de se passer de religion, de ce qu’il qualifiait de “névrose collective”.
Pour Marx, “lareligion est l’opium du peuple” en ce sens où elle endort l’homme et le rend aveugle sur ses conditions d’existence. La promesse du bonheur d’une vie future lui permet de supporter un mode de vie misérable et le détourne des vraies questions qu’il pourrait se poser sur ses conditions de vie. La religion détournerait donc l’homme de l’envie de remettre en cause l’organisation de la société dans laquelleil vit, elle le pousserait d’une certaine manière à renoncer au progrès. Mais Marx nous permet de penser que la religion n’est pas en soi l’aliénation pure de l’homme, elle ne serait que le résultat d’une aliénation plus dure et plus profonde . l’aliénation de l’homme par...l’homme, l’aliénation économique et politique. Dans Sainte Famille, p547 Marx qualifie la religion d’”économie politiquecéleste” , pour lui, “lutter contre la religion c’est lutter contre ce monde” car c’est la situation même de l’homme en ce monde qui conduit au besoin de religion. Tout besoin de croyance à donc pour origine un besoin réel, il “suffirait“ donc de palier à la misère du monde pour que disparaisse le besoin de croire.

II. La religion réunit là où la drogue isole

La foi suppose de croire à quelquechose que l’on ne peut pas prouver, la religion pourrait ainsi être considérée comme “l’asile de l’ignorance” (Spinoza, Ethique 1) mais
la complexité de la religion tout comme son universalité ne doivent-ils pas nous conduire à une vision moins réductrice ?
Des auteurs chrétiens comme Lactance rapprochent le mot “religion” avec “ligare”,“religare” qui signifient respectivement lier, relier. Lareligion serait-elle donc ce qui relie les hommes à un idéal divin et par là ce qui relie l’homme à l’homme. La religion impliquerait donc l’idée du lien, entre les hommes et leur(s) dieu(x) mais aussi entre les hommes, et ce à travers le respect de coutumes. Les religions rapprochent les hommes autour de cultes et de rites sacrés qui fondent des communautés religieuses d’où naît une véritableconscience d’appartenance pour certains hommes.
En définitive, penser que la religion ne se définit uniquement par le biais d’un acte de foi individuel, personnel serait réducteur et il est nécessaire de prendre en compte l’aspect communautaire qui découle de la religion pour en apprécier la valeur.
Toutes les religions du monde sont fondées sur des thèses fabriquées. C’est la définition même...
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