Le bonheur

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  • Publié le : 3 avril 2011
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INTRODUCTION :

La plupart des notions philosophiques proviennent des mots du langage courant. Nous croyons savoir ce qu’ils veulent dire, sans être pourtant capables d’en proposer une définition précise et construite. Habituellement, pour remédier à cette difficulté,nous consultons un dictionnaire. Si c’est souvent utile, cela ne suffit pas. Donner la définition philosophique d’une notionsuppose un travail de questionnement et de réflexion. Il existe plusieurs techniques qui permettent de donner à une notion un sens philosophique.

En voici la liste:

1) l’emploi de la notion dans des expressions toutes faites

2) l’étymologie

3) la recherche des mots dont le sens est proche(=synonymes)

4) la définition particulière d’une notion par un philosophe et sa comparaisonavec une autre.

5) la maîtrise des concepts techniques liés à la notion

Appliquons cette méthode à la notion du programme : LE BONHEUR

I) L’EMPLOI DE LA NOTION DANS DES EXPRESSIONS USUELLES

Ex :

- porter bonheur à quelqu'un

- par bonheur

- voeux de bonheur

- nager dans le bonheur

- l’argent ne fait pas le bonheur

- le bonheur de vivre

- la quête du bonheurLe mot bonheur est-il employé dans le même sens dans ces expressions ? Non, il est tantôt synonyme de chance, tantôt synonyme de plaisir, tantôt synonyme de vie accomplie.

En quoi l’usage de ces expressions courantes renvoie-t-il à des expériences et des logiques différentes ?

On se rend compte, assez vite, que le bonheur est soit passivement reçu, soit activement recherché. Dans lepremier cas, nous n’avons rien d’autre à faire que d’attendre et espérer. Dans le second cas, nous devons réfléchir aux moyens de nous le procurer, si du moins il est possible de construire soi-même son bonheur.
II) L’ETYMOLOGIE

Le mot bonheur, dérive des deux mots latins : bonum augurum qui se sont lentement déformés en bon oür en ancien français, puis en bonheur. Est de bonne augure quelquechose qui annonce ou présage un événement favorable. Le mot « bonheur » signifie étymologiquement : la chance, le sort heureux. Puis, il prend le sens de : bien-être, satisfaction, contentement.

De l’étymologie du mot bonheur on peut dégager deux idées : le bonheur semble relever d’une chance extérieure favorable / dans le bonheur est contenue l’idée de bien.

On doit alors se poser lesdeux questions suivantes : le bonheur peut-il faire l’objet d’une recherche active / quel (s) bien(s) nous procure(nt) le bonheur ?

Pour bien répondre à ces deux questions, appuyons-nous sur un petit texte de Voltaire extrait de l’article « Bien » du Dictionnaire Philosophique qui rappelle la fable d’un philosophe grec Crantor.

Tous leshommes, sans exception, désirent être heureux; mais, ils ne s’accordent généralement pas sur les biens qui permettent de l’obtenir. Certains recherchent exclusivement l’argent ; d’autres le plaisir ; d’autres se préoccupent de leur santé.. C’est pourquoi, Crantor invite dans sa fable : argent, plaisir, santé et vertu à justifier leur prétention à être le bien suprême, capable de satisfaire ledésir universel de bonheur.

L’argent rend heureux parce qu’il permet d’acquérir tout ce qu’un homme peut désirer. Mais, on ne désire jamais que ce qu’on croit être source de plaisir. C’est, donc, en vue du plaisir qu’on cherche à avoir de l’argent. Or, quel plaisir aurions-nous de vivre si nous étions malades ? La santé est donc plus indispensable au bonheur que l’argent et le plaisir. Cependant,serions-nous heureux, si nous n’avions pas l’estime de nous-mêmes, si nous avions conscience d’être des misérables ? D’où provient cette estime de soi ? De notre intention d’agir toujours bien ou comme le dit le philosophe Kant, de notre bonne volonté.

Ainsi, le bonheur dépend de l’estime qu’on se porte à soi-même et cette estime ne semble dépendre que de nous puisqu’elle est le résultat...
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