Le Bonheur

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  • Publié le : 16 janvier 2015
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Le bonheur
Le bonheur est souvent conçu comme étant une fin ultime de la vie humaine. Une philosophie qui le présente comme tel est
appelée eudémonisme. Comme « fin en soi », le bonheur se distingue des fins partielles, c’est-à-dire des fins qui à leur tour
deviennent des moyens en vue de fins plus élevées (par exemple la richesse). Le bonheur est la fin la plus haute, une fin que
l’onrecherche pour elle-même, une fin en soi. Cependant, une fois cela reconnu, nous n’avons encore rien dit de la nature du
bonheur. Si l’on se fie au sens commun, on pourra penser que le bonheur consiste dans l’assouvissement intégral des besoins
et désirs. Le bonheur est ce qui nous comble. Si nous acceptons une telle définition, n’allons-nous pas être condamné à ne
jamais être heureux ? Est-ce biend’ailleurs la même définition ? Car ce qui nous « comble » n’a pas forcément besoin de
répondre à l’intégralité de nos désirs. D’ailleurs, la satisfaction complète des désirs semble impossible : l’assouvissement d’un
désir est très souvent l’origine d’un nouveau désir de telle manière que la quête du bonheur serait sans fin, et tout choix
implique qu’un privilège soit donné à certainesaspirations, au détriment d’autres. De plus, le bonheur est communément
conçu comme un état stable et permanent, comme une « paix intérieure », ce qui ne coincide pas avec l’idée de la
satisfaction des désirs car ceux-ci sont justement ce qui ne cesse de venir perturber tout « repos » dans un état déterminé.
En ce sens, le bonheur serait plutôt la conséquence d’une maîtrise des inclinations, voire d’unefaculté (souvent dite morale)
de supprimer ou de réduire au silence les désirs qui viendraient troubler cette « paix ». Mais la possibilité d’exercer un
empire sur tous nos désirs ne semble pas moins hors de portée que celle de tous les satisfaire. La problématique du bonheur
se situe au croisement de deux problématiques, difficilement conciliables, celles du plaisir et celle de la moralité.Le bonheur – entre plaisir et vertu (Socrate et les sophistes)
« Un plaisir pourrait s’identifier avec le plus grand bien, même en admettant que la plupart des
plaisirs se trouvent être absolument mauvais. Pour cette raison, tout le monde estime que la vie
heureuse est agréable, attendu qu’on unit la notion de plaisir à celle de bonheur, et l’on a
parfaitement raison. Aucune activité, eneffet, n’est complète quand elle est contrariée, et le
bonheur présente le caractère d’être complet. Ainsi l’homme heureux a-t-il besoin que les biens
corporels, les biens extérieurs et ceux de la fortune se trouvent réalisés pour lui sans difficultés »
Aristote, Éthique à Nicomaque.

Calliclès dans le Gorgias, affirme que le bonheur est tributaire de ce que la nature a conféré à chaque homme ;est heureux
celui chez qui, par nature, existe un équilibre entre les désirs et les facultés. Le plus heureux sera celui qui aura les désirs les
plus grands et le plus de moyens de les assouvir (un tyran par exemple). Le bonheur est donc inséparable du plaisir (c’est ce
qu’on appelle l’hédonisme) et, plus encore, se mesure à l’intensité de ce plaisir. Socrate cherche à faire entendre à Calliclèsque les désirs ont quelque chose d’incontrôlable et qu’ils tiennent en leur pouvoir celui qui s’adonne à la jouissance sans
limites, le « débauché ».
Dans le Philèbe, Socrate se livre à une critique d’une plus grande portée. Le plaisir, dit-il, appartient au genre de l’illimité, ce
qui implique qu’il ne possède pas une nature propre et ne peut par conséquent pas être un bien en lui-même. La «vie de
plaisir » est marquée du sceau de l’incomplétude.
Dans le Protagoras, Socrate esquisse une autre compréhension du plaisir. Un plaisir peut être bon lorsqu’il contribue au
bonheur de l’individu ; il est mauvais lorsqu’au contraire il met en danger ce bonheur tout en paraissant le servir. Pour
Platon, le bonheur dépendra de la présence en l’âme du bien qui lui est propre, la justice....
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