Le corps

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  • Publié le : 18 avril 2011
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LE CORPS
Réflexion à partir d’extraits de textes issus de Gilbert HOTTOIS (Essais de philosophie bioéthique et biopolitique ) et Marc RICHIR (Le Corps)

« L'interrogation de l'homme sur son propre corps est vouée à demeurer interminable non pas tant parce que la pensée n'en finit jamais dans son investigation des interactions entre la psyché et les diverses fonctions de l'organisme mais aussiparce que l'existence n'en a jamais fini dans sa quête du point d'équilibre de son propre être dans la vie. »1

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Le corps, scène de l'existence, François Chirpaz www.contrepointphilosophique.ch Rubrique Philosophie, Février 2004, article paru dans la Revue internationale de Philosophie en décembre 2002

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INTRODUCTION

C’est dans notre corps que nous naissons, grandissons et que nousmourrons. Toutes les questions métaphysiques, de la naissance, de la mort, de la différence homme-femme, s’expriment autour de ce concept du corps. La question du corps est complexe parce que soumise à des questionnements aussi bien en terme de définition et de conception qu’en terme de problématique éthique. On peut voir une évolution de la conception du corps entre l’Antiquité et l’heuremoderne contemporaine. Le corps a longtemps été considéré comme le siège du péché de chair, et il est aujourd’hui réhabilité par l’homme moderne qui voit en lui le symbole de la vie, d’une démultiplication des possibilités scientifiques ou encore le siège de certaines libertés conquises. Le corps peut être réduit à sa simple matérialité sur un plan strictement biologique (cellules, tissu organique) faceà une vision incorporelle que représenterait l’âme, capable de dépasser l’essence mortelle de l’homme. Cette dualité corps / âme, dont l’apanage se retrouve dans les religions, est assez critiquée. Gilbert Hottois, dans le chapitre 3 de Essais de philosophie bioéthique et biopolitique, part de cette conception du dualisme ontologique, pour ensuite la dépasser par la phénoménologie et ensuiteenchaîner sur l’approche technoscientifique du corps pour ensuite analyser l’aspect de l’intégrité / indivisibilité du corps face au marché et à la technique. Marc Richir, dans son ouvrage Le corps, adopte quant à lui une approche résolument phénoménologique dont il explore les versants. Cette analyse du corps que font ces deux auteurs aboutit pour Hottois à une réflexion sur le corps entre nature etfictions, la problématique ancrée dans l’éthique par rapport à la différence entre désir et nécessité. Pour Richir, sa réflexion est tournée sur la façon dont on peut définir le corps, et en somme le comprendre dans son rapport à lui-même et au monde. Cette conception du corps, pour Richir, fait face aux problématiques actuelles liées à la technique qui posent souci.

Pour analyser les thèsesdes deux auteurs et voir quels sont les problèmes que ces dernières soulèvent, nous allons dans un premier temps nous axer sur qu’est-ce que le corps, comment on peut l’appréhender, en particulier par l’approche phénoménologique. Ensuite nous entrerons plus dans l’aspect de la relation du corps subjectif de l’individu par rapport aux 2

problèmes soulevés par le monde médical, scientifique ettechnoscientifique et nous tenterons d’exemplifier ces problématiques par le sujet de l’euthanasie.

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I.

QU’EST-CE QUE LE CORPS ?

1. Les différentes conceptions philosophiques du corps : ontologie et phénoménologie

L’approche ontologique (étude de l’être en tant qu’être)

On retrouve le dualisme classique corps / âme. Il y aurait donc une extériorité matérielle du corps opposée àl’intériorité de l’âme humaine. C’est le dualisme cartésien : la pensée intérieure et transparente à soi et l’extérieur. Pour Descartes, seuls les êtres pensants ont une âme et cette dernière est une substance indépendante. L'âme est ainsi une substance pensante (res cogitans ou « chose qui pense »), et pas opposition, la matière est une substance étendue (res extensa ou « chose étendue »)....
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