Le libertinage dans les laisons dangereuses

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  • Publié le : 17 mai 2010
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Les liaisons dangereuses provoque un succès scandaleux, lors de sa parution en 1782. Il a aussi été condamné quatre fois au XIXe siècle pour outrages aux bonnes mœurs. Le film de Frears, quand à lui, fut un succès public et critique.
Le roman comporte trois intrigues qui se répondent : la vengeance de Merteuil qui passe par la dépravation de Cécile, le projet de séduction de la Présidente parValmont, enfin la rivalité entre Mme de Merteuil et Valmont. C’est cette rivalité entre les deux libertins qui est le vrai principe dynamique du récit, puisque leurs rapports évoluent clairement d’une partie à l’autre et que le récit progresse en fonction des défis qu’ils se lancent. Nous étudierons donc pour commencer les deux libertins et les lieux stratégiques du libertinage, puis leurs deuxarmes de prédilection la lettre et la parole. Le libertinage est-il une solution pour vivre sans contraintes sociales et connaitre le sentiment amoureux ?

La première séquence du film est constituée d’un montage alterné de 18 plans montrant le lever et l’habillage des deux libertins. Le visage de Glenn Close ouvre le film ; un effet d’attente est créé pour la révélation du visage de JohnMalkovich. Le montage alterné suggère la ressemblance entre les deux complices, nobles, autoritaires, vaniteux. La ressemblance est accentuée par les mouvements fluides de la caméra, qui glisse le long des vêtements pour évoquer l’idée d’un harnachement militaire (l’épée, le corset). Elle est créée aussi par les regards caméra des deux personnages qui achèvent la séquence. Il fait de cette opposition lecentre d’intérêt dramatique du film. La sortie de champ de Valmont à la fin de la séquence d’habillage surprend par sa direction et sa vitesse et contraste avec l’avancée de Merteuil vers le centre du champ. Le film impose d’emblée l’idée d’une rivalité entre les deux libertins, au détriment de la complexité des autres personnages. Cet antagonisme est accentué par les critères de la beautéhollywoodienne, qui font des victimes de belles victimes, et des séducteurs des êtres plus mûrs et plus intelligents. Les costumes en revanche magnifient les libertins, aux dépens notamment du personnage de Cécile, ou de Mme de Tourvel.
On retrouve dans le roman les lieux de plaisir des libertins, l’Opéra et les théâtres, les boudoirs, les petites maisons (lettres 47 ou 85). Le « cercle » ou le «grand théâtre » désignent sous la plume des libertins les salons où se font et défont les réputations (lettres 76 ou 99). Les libertins y accordent une grande importance lorsqu’ils font les récits de leurs victoires (lettres 71, 85, 125). La mise en scène du film traduit visuellement cette idée en suivant les déplacements de Valmont et, dans une moindre mesure, de la marquise, grâce à des mouvementsde caméra parfois complexes. Les ellipses et la rapidité du montage confèrent à Valmont la capacité de surgir dans n’importe quel décor, comme à sa volonté – même dans le boudoir secret de la marquise. Les déplacements du personnage sont particulièrement imprévisibles, parfois chorégraphiés, lorsqu’il entraîne Mme de Tourvel. La rapidité du montage dans la séquence de la reddition de Mme deTourvel souligne la vitesse et la brutalité de ses gestes. Dans la scène du parc où il suit Mme de Tourvel, Valmont occupe à l’arrière plan successivement les bords droit et gauche du champ, manifestant ainsi son emprise sur la Présidente, cadrée plein centre en plan rapproché. Un des principes essentiels de la mise en scène tout au long du film consiste à laisser Valmont déambuler dans le champ alorsque les autres personnages sont assis. L’inversion de ce principe dans la scène où Valmont vient réclamer son dû à Mme de Merteuil manifeste de façon spectaculaire l’émergence de la violence entre les deux complices.

La lettre est « douce à écrire » (lettre 81) parce qu’elle permet le plaisir de l’échange entre personnes de bonne compagnie – ce qui révèle en creux la vanité et l’ennui de...
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