Le realisme

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  • Publié le : 4 juin 2010
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  [pic]e mont Parnasse est, dans la mythologie grecque, le lieu de résidence d'Apollon et des neuf Muses. L'usage métonymique de ce nom pour désigner une assemblée de poètes est déjà ancien lorsque l'éditeur Alphonse Lemerre publie à partir de 1866 une anthologie de poésie moderne qui prend le nom de Parnasse contemporain. Le mot désigne tout de suite ces poètes qui se reconnaissent dansleur réaction contre le Romantisme. D'abord groupés autour de Théophile Gautier,  il se réunissent le samedi soir chez Leconte de Lisle ou José-Maria de Hérédia : Banville, Villiers de l’Isle-Adam, Sully Prudhomme, François Coppée apparaissent comme les plus représentatifs. À l'épanchement personnel, les Parnassiens opposent un souci d'impersonnalité qui leur fait fuir les facilités dulyrisme. Leurs métaphores, constamment empruntées au domaine de la sculpture, prônent le travail poétique, résolument asservi au culte d'une forme parfaite. Loin de l'engagement social des Romantiques, ils se prononcent enfin pour une retraite hautaine, tout entière vouée à la célébration d'une Beauté divinisée. Ces tendances se prolongeront dans le Symbolisme.
 
1. Le Beau.
 Profondément déçus dans leurs aspirations révolutionnaires, les Parnassiens ont manifesté le souci de sortir l'Art de l'arène politique et, plus généralement, des visées sociales que lui assignait le Romantisme. Leur célébration du Beau trouva dès lors un équivalent acceptable dans la beauté plastique de la statuaire hellénique, dont la chaste perfection, alliée au gage que lui donne la duréetemporelle, s'oppose aux contingences de l'Histoire. Pour exprimer ce «rêve de pierre», les images et les symboles deviennent systématiques : cygnes immaculés, statues impassibles, pics neigeux, saltimbanques amoureux des étoiles.
|  [pic]  [pic] |Charles Baudelaire (1821-1867) |
||La Beauté (Les Fleurs du Mal, 1857) |
| | Sans appartenir au Parnasse, dont il condamnera le culte excessif de la forme, Baudelaire poursuit une méditation |
| |esthétique où s'exprime une mystique de l'Art et de la Beauté. Ce culte austère prend même la forme d'unevéritable |
| |morale, la création poétique constituant à ses yeux «le meilleur témoignage que nous puissions donner de notre |
| |dignité » (Les Phares). |

|Je suis belle, ô mortels ! comme un rêve de pierre|
|Et mon sein, où chacun s'est meurtri tour à tour, |
|Est fait pour inspirer au poète un amour |
|Éternel et muet ainsi que la matière.|
| |
|Je trône dans l'azur comme un sphinx incompris ; |
|J'unis un cœur de neige à la blancheurdes cygnes ; |
|Je hais le mouvement qui déplace les lignes, |
|Et jamais je ne pleure et jamais je ne ris. |
|...
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