le tabou

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  • Publié le : 10 décembre 2014
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19 février 2014

C’est à travers le mythe que nos ancêtres ont trouvé une manière d’illustrer ou de donner un sens à nos origines, à nos réalités. À travers celui-ci, bien des choses ont pris le sens qu’on leur connaît aujourd’hui. Effectivement, ces récits oraux ou écrits ont proposé une première explication à certains aspects fondamentaux du monde sur laquelle se sont ensuite forgées lespremières croyances. Bien des choses, dans ces traditions mythiques, demeurant inexplicables, échappant à l’ordinaire, aux choses banales et communes ont donné naissance au sacré, à l’interdit. Ces ensembles d’interdits concernant les choses sacrées et effrayantes qui définissent le tabou sont pour certains d’entre eux, toujours présents dans notre société actuelle. Le tabou autour de la mort en estun parfait exemple. Le sacré qui se définit comme étant « une réalité absolument à part et ambivalente, à la fois bénéfique et maléfique » explique pourquoi la mort fait l’objet d’un comportement rituel. Effectivement, la mort fait aujourd’hui l’objet d’un tabou sociétal tout comme il était un enjeu il y a plus de 90 000 ans, l’époque à laquelle les chercheurs estiment la datation des premiersrites funéraires.1

Qu'est-ce que la mort ? D'abord, c'est un phénomène inéluctable : il n'est rien qui ne naisse qui ne meure un jour. Serge Bouchard, un anthropologue québécois, souligne même le fait que nous passons beaucoup plus de temps morts que vivants.2 Bien que l’on ne puisse pas éternellement repousser le moment inévitable de notre confrontation avec la mort, existe-t-il pour autant unepréparation adéquate possible à cette mort ? Beaucoup sont en faveur de cette « préparation » à la mort, voudraient qu’on l’accepte, qu’on en parle ouvertement et qu’on la vive sereinement, sans crainte. Cependant, elle demeure difficile à apprivoiser pour tous. Même si cet événement parfaitement naturel est absolument intégré dans le cours de la vie, il en demeure délicat de le rendre banal, delui enlever son caractère tragique en le rendant un sujet habituel de discussion. De plus, les trop nombreuses circonstances dans laquelle elle peut se dérouler rendre la tâche encore plus difficile. Pensons simplement à Auschitz ou à Hiroshima. Est-il éthique de parler ouvertement de ces calamités, de les accepter ? Même si une mort naturelle peut être une source de délivrance dans le cas d’unesouffrance extrême, elle demeure d’une grande tristesse pour l’entourage. Même si nous nous préparons mentalement à perdre un être cher, nos sentiments sont-ils atténués lors de sa mort ? Au contraire, selon nous, se préparer à avoir de peine, c’est s’infliger une peine prématurément. Chaque individu vit son deuil d’une manière unique et personnelle, souvent en lien avec sa perception personnelle dela mort, ses croyances. Il est donc impossible de démystifier la mort, car chacun possède une présomption personnelle de celle-ci (la vie après la mort, la réincarnation, le paradis, l’enfer, etc.). Faire tomber le tabou sur ce sujet sur lequel on fait le silence serait en quelque sorte imposer une croyance à la société; une désensibilisation. Bien que parler de sa souffrance soit une thérapieefficace pour plusieurs, elle ne l’est pas pour tous. Il est inenvisageable d’imposer une manière universelle de percevoir la mort. Le tout demeure un jugement de valeur qui implique une évaluation et une appréciation subjective. Pour certains, il est même nécessaire de vivre la mort dans le déni ou dans l’euphémisation soit en utilisant, des figures de style telles que « le grand départ, la montéeau ciel … » pour l’aborder.

La mort est souvent perçue comme un phénomène que l’on redoute et c’est ces questions sans réponse qui ont donné naissance le tabou sur la mort. De ce tabou, des rituels ont émergés, puisque l’on sait que l’humain se nourrit du sacré pour donner un sens à sa vie. Cela nous amène à penser qu’une dédramatisation de la mort reviendrait à banaliser ce phénomène, qui...