Le travail et la technique

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  • Publié le : 7 juin 2010
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| LE TRAVAIL ET LA TECHNIQUE |

Le travail est essentiellement activité de médiation, construction de moyens et de moyens de moyens (machines), dans lesquels l’homme capte et discipline à son profit les forces de la nature pour la dénaturer et se dénaturer lui-même, réaliser des fins nonnaturelles, autrement dit de la culture.

Par la technique, l’homme arraisonne la nature et lui enjoint de servir ses desseins.

|LE TRAVAIL |

1. Le travail, ou l’esprit spiritualisant la matière.

Etymologiquement, le travail est d’abord une activité douloureuse. Le mot « tripalus » désignait une machine formé de trois pieux, permettant d’assujettir, pour leur imposer lejoug ou le mors, les bœufs et les chevaux difficiles ; « tripaliare » signifiait torturer.

Dans la notion de travail se retrouve l’idée d’une tâche pénible et douloureuse. Mais le travail suppose aussi un effort conscient et réfléchi ; il est une action intelligente de l’homme pour dominer la nature et la spiritualiser.

Le travail est donc un effort douloureux pour sortir d’une situationdonnée et maitriser les choses.

2. Les Grecs et le travail.

Une longue tradition latine et grecque dévalorise le travail. Travailler, pour les Grecs, c’est uniquement s’asservir à la nécessité .La pratique des métiers et le recours à la technique avilissent.

« Quels que soient les services que puisse rendre un ingénieur, tu le méprises et tu ne voudrais pas que ton fils épouse ta fille »Platon.

Il faudra attendre la Renaissance et les Lumières pour que se produise un changement radical de perspective. Si la pensée grecque laissait le travail aux esclaves, la tradition hébraïque et le christianisme n’ont jamais frappé d’infamie le travail des mains. Il n’est qu’à songer au rôle des monastères dans le défrichage des forêts, à l’agriculture au Moyen Age.

« Si quelqu’un ne veutpas travailler, qu’il ne mange pas non plus. » Saint Paul

3. Spécificité du travail humain.

L’époque moderne glorifie le travail, source de toute valeur. Ainsi, Marx souligne-t-il la spécificité du travail humain qui implique un plan et un projet spirituel et se différencie ainsi de l’opération animale. Certes l’animal construit mais il ne réalise aucun but consciemment. L’homme a uneactivité vitale consciente, l’animal ne se représente pas ses fins.

Le travail, vocation essentielle de l’homme, le distingue des autres êtres vivants, dominés par ses instincts.

« Ce qui distingue dès l’abord le plus mauvais architecte de l’abeille la plus experte, c’est qu’il construit la cellule dans sa tête avant de la construire dans la ruche » MARX

4. Hegel : le travail est formateur.Le travail définit l’homme parce qu’il le forme et le produit. Le désir animal a un objet qui est seulement assimilé. L’homme, en transformant la nature et les choses, se construit et se réalise lui-même .Il façonne la nature à son image et accède à la conscience et à la liberté.

Hegel montre que si, dans la lutte des consciences de soi opposées, le maitre domine l’esclave, ce dernier va selibérer par le travail. Le maitre se contente de jouir passivement des choses, d’user des fruits du travail de l’esclave. Il s’enfonce dans une jouissance passive alors que l’esclave extériorise sa conscience dans le monde. L’esclave forme les choses et se transforme lui-même en cette pratique. Il asservira ainsi son maitre. La servitude laborieuse est donc la source de tout progrès humain ethistorique. Le travail forme et éduque, il transforme le monde et civilise. Par le travail, l’homme se réalise en tant qu’homme et se définit.

5. Le travail libère de l’angoisse de la mort.

En soulignant que le travail libère l’esclave de l’angoisse de la mort, Hegel montre la fonction anthropologique du travail. En affrontant la maitre, l’esclave a ressenti la peur de la mort. Or, par le...
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