Le vassal de mon vassal n'est pas mon vassal

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  • Publié le : 24 novembre 2011
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« Le vassal de mon vassal n’est pas mon vassal » est un adage qui, durant les XIème et XIIème siècles a largement remis en cause l’ordre féodal et plus particulièrement la hiérarchie féodale.
A compter du Xème siècle, suite à la dislocation du pouvoir central et au morcellement successif du territoire, due à de nombreuses concessions de terre, le lien de vassalité fonde une nouvelle sociéténommée féodo-vassalique. Le contrat vassalique, c'est-à-dire un contrat où le vassal s’engage dans la dépendance d’un autre seigneur, représente l'un des principaux fondements de la société au moyen âge. Un vassal est un seigneur ayant rendu un hommage à un autre seigneur qui lui deviendra son supérieur hiérarchique, c'est-à-dire que le vassal doit des obligations et fidélité à son seigneur, chosequ’il s’engage a respecter lors de la cérémonie de l’hommage, en retour le seigneur s’engage quant à lui à ne pas nuire à son vassal, à lui accorder sa protection ainsi que des moyens de subsistance notamment avec le fief qui est une terre concédé au vassal par le seigneur. Ce fief deviendra aux cours du temps la raison principale de ce lien de vassalité, ce qui par la suite génèrera un problème avecla multiplication des liens de vassalité, ce qui va faire naître l’hommage lige obligeant au vassal d’avoir un seigneur prioritaire.
Pour autant, on ne peut pas considérer qu'au Xème siècle, ces liens de vassalités forment une pyramide hiérarchique. C'est dans cet aspect non hiérarchisé de la société vassalique du Xème siècle que s'inscrit l’adage « le vassal de mon vassal n'est pas mon vassal». Adage qui s’adresse au seigneur, et par conséquent également au roi. Roi ne disposant de presque aucune puissance hors du domaine royal, cet adage veut surtout dire qu’un seigneur peut exercer son autorité sur son vassal direct mais ne peut le faire sur ses arrières-vassaux. Cet adage suppose une société organisée par le contrat vassalique même, dans laquelle toutes les couches de la sociétépossèdent des vassaux. Ainsi à tous les échelons, le contrat vassalique a réussi à s'imposer, chaque seigneur territorial s'octroyant un pouvoir de ban (pouvoir de commandement sur les vassaux / arrière ban = pouvoir de commandement sur les arrières vassaux) ou pouvoir de commandement. On peut alors dire que « le seigneur de mon seigneur est mon suzerain » ce qui signifie que je ne dois autorité qu’àmon seigneur direct.
C’est pour cela que l’on peut dire que l’adage «le vassal de mon vassal n’est pas mon vassal » marque une profonde remise en cause de la hiérarchie féodale, car le roi dans tout cela se retrouve considéré comme simple seigneur territorial, malgré le fait que les grands du royaume lui reconnaisse ce titre de roi, roi qui peut alors être moins puissance que les Grands seigneursdu royaume, et à partir de cela on peut en conclure que le roi ne dispose pas d’une emprise suffisante pour gouverner son royaume qui se retrouve plongé dans ce phénomène de vassalité remettant en cause les pouvoir du roi, et sa place à la tête du royaume et de la hiérarchie féodale.
On peut alors se questionner sur les pouvoirs du roi. Quels territoires le roi contrôle-t-il directement ? Etquelle est la réalité de son pouvoir ? On peut observer que durant les Xème et XIème siècles il a y un très faible pouvoir royal, pouvoir qui par la suite va se renforcer avec l’arrivée sur le trône d’Hugues Capet de Louis VI et Louis VII notamment avec les théories d’Abbon de Fleury et de Suger.
C’est pourquoi nous allons voir dans une première partie le roi seigneur territorial (I) c'est-à-direqu’il ne possède pas le pouvoir de régir son royaume seul, il doit passer par l’avis des grands du royaume pour prendre une décision ce qui limite le pouvoir du roi, pouvoir qui a une très faible influence hors e son domaine (Île de France). Puis dans une seconde partie, il semble nécessaire de voir la remise en cause de la hiérarchie féodal, avec l’apparition de théorie plaçant le roi au...
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