Le vote, perspectives et limites

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  • Publié le : 26 décembre 2010
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« Le citoyen doit-il un seul instant, dans quelque mesure que ce soit, abandonner sa conscience au legislateur ? Pourquoi, alors, chacun aurait une conscience » Henry Thoreau

« Quand on voit de près le suffrage universel et les gens qu'il nous donne, on a envie de mitrailler le peuple et de guillotiner les représentants. Mais quand on voit de près les princes qui pourraient nous gouverner, ondevient tout simplement anarchiste » Gui de maupassant.

Représenter et se faire représenter. Deux actions qui ne tiennent pas l'un sans l'autre. Dans une démocratie, le mandaté a autant besoin des mandataires que l'inverse. C'est un système dualiste sans exception. On représente toujours quelqu'un ou, au moins, on affirme toujours représenter quelqu'un. Avec l'apparition du vote arriveconséquemment l'idée commune selon laquelle le peuple prend vraiment part à la vie politique, qu'il choisit les orientations des actions publiques, que leur responsabilité est impliqué dans chaque décisions. A priori, cela semble même tout à fait logique puisque l'on ne fait que déléguer notre pouvoir de citoyen à des professionnels qui sont censés ne faire que nous représenter dans les différentesinstitutions. Le vote, cet acte de choisir de façon libre et seul (l'urinoir n'est pas pour rien dans cet liberté assez récente) nous fait penser spontanément que nos représentants seront à l'image de la majorité des opinions de chacun. Qu'ils ne seront que le fruit des envies politiques et qu'ils mettront à bien leur mandats pour mettre en œuvre ce que veut le peuple. Certes, c'est une vision assezidéaliste mais finalement très répandue dans les pays occidentaux. Si l'on s'écarte de la recherche universitaire, on constate que beaucoup, s'ils ne font pas partie de cette frange écœuré par la politique, sont des défenseurs acharnés de la démocratie. Cela est d'ailleurs sûrement due au jeu des représentants politiques qui n'ont guère de raison de critiquer un système qui leur permet de vivre.Depuis Winston Churchill déclarant que « la démocratie est le pire des régimes – à l'exception de tous les autres déjà essayés dans le passé », rares sont ceux qui osent critiquer, même en s'amusant, le système de la représentation par le vote. Il faut pourtant s'interroger sur ce système dont on dit qu'il est propre aux sociétés modernes. Jugement de valeur teinté d'ethnocentrisme déjà puisqu'onsuppose que les autres régimes seraient passéistes au regard du notre. Or, si la démocratie rate souvent son idéal, ce qu'on lui reproche fréquemment, c'est justement son rapport à la représentation à travers le vote. Malgré le choix que l'on donne à l'électeur, Marx écrivait déjà que les responsables politiques ne forment qu'un « comité administratif de la classe bourgeoise ». Si cette analyse n'estqu'un exemple, elle soulève déjà des contradictions du vote. Notre étude se demandera justement comme concilier des le fait que les mandataires votent librement alors que l'on critique les représentants comme des politiques qui ne les représentent justement pas. Le vote permet-il réellement aux électeurs que leurs idées soient représentés dans les institutions ? Nous verrons d'abord que toutedémocratie n'est pas nécessairement représentative et que le citoyen perd avec elle un peu de son pouvoir (I-A) mais aussi que chaque électeur est est le fruit de la convoitise des représentants potentiels, qui n'hésitent pas à moduler leurs discours pour les inciter dans leur direction, ce que l'on nomme les marchés politiques (II-A). Ensuite, nous parlerons du caractère ambiguë de la notion dereprésentation en nous attachant d'abord à comprendre comment cette fonction se légitime aux yeux des représentés et du représentant lui-même (III-A) et la position de domination toute particulière du représentant qui l'autorise à ne plus représenter (III-B).

Si on se figure généralement la démocratie et la représentation comme deux notions liées, c'est que l'histoire contemporaine ne nous...
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