Le vrai sang, contre-rendu de spectacle

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  • Publié le : 6 juin 2011
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Compte-rendu de spectacle sur le Vrai Sang

Le mercredi 23 février, au théâtre de la Butte, nous avons assisté à une représentation de la pièce de Valère Novarina, Le Vrai sang, créée au Théâtre de l'Odéon, à Paris. Valère Novarina est tout à la fois : peintre, dessinateur, comédien (enfin, plus beaucoup maintenant), auteur dramatique et essayiste. Il est né dans la banlieue de Genève en 1947.Il commence à écrire très tôt, mais en cachette : jusqu'à l'âge de vingt-et-un ans, personne ne connaît cette passion. Valère Novarina est vite classé parmi les inclassables : son théâtre, absurde et métaphysique, ne ressemble à aucun autre. Auteur de L'Atelier volant, Devant la parole, L'Acte inconnu ou encore de L'Espace furieux (entrée au répertoire de la Comédie Française !), sa conception duthéâtre et son influence font de lui une personne très importante dans le monde théâtral d'aujourd'hui. Le Vrai sang se place dans un univers circassien, porté sur l'enfance et l'absurde, mêlé d'une recherche sur l'espace ; par ailleurs, Valère Novarina met en scène l'être humain, vide et sans identité.
Valère Novarina nous emmène dans le monde coloré du cirque et de l'enfance.

Les couleursenvahissent la scène. Elles sont partout, foisonnantes : sur les costumes, principalement rouges, rouge vif, mais aussi pour le costume de Myrto Procopiou par exemple, rouge et vert, ou bien bleus ou noirs ; dans le décor, avec les petites maisons que l'on voit vers le début de la pièce, toutes trois alignées, rouge, jaune et verte, ou encore avec la toile du metteur en scène, où l'on peut voir àtravers les entremêlas de couleurs deux personnes qui s’embrassent ; enfin, avec les accessoires, notamment avec le tabouret violet que Myrto Procopiou utilise. V. Novarina joue sur le contraste entre les couleurs, ainsi que sur les formes géométriques.

La musique a une place prépondérante dans ce spectacle. Les chants que l'on retrouve tout au long de la pièce, l'accordéon qui donne un air dekermesse et le violoniste qui casse son instrument à la fin ajoutent à la dimension circassienne de la pièce. Il y a également quelque chose de l'ordre du carnaval, que l'on retrouve lorsque les actrices ainsi que les deux musiciens se trouvent sur une sorte de char et chantent « Ô Dieu viens ! Nous avons maintenant une confiance totale en tes mains ! ». Cette musique, à la fois entraînante etparfois tragique, peut nous faire rire comme des enfants devant un Faust exagérément désemparé, ou nous émouvoir devant le solo mélancolique du violoniste.
V. Novarina veut nous faire rire. On trouve de très nombreux éléments comiques dans cette pièce. Par exemple, lors de la parodie du mythe d'Abraham et d'Isaac, où l'on voit une Agnès Sourdillon toute naïve avec son fagot de bois tandis qu'un trèscruel Abraham arrive, son couteau à la main, pour tuer son enfant. Mais lorsque l'on voit une main tendre deux verres et une bouteille de vin à l'homme, la tension se relâche, et on rit. Lorsque les personnages réassemblent la colonne grecque de la démocratie, que chacun parle à tour de rôle, et qu'enfin arrive un Purgon, tout cela nous amuse et nous fait rire. De nombreux autres moments sontcomiques, comme la petite marionnette que les acteurs font bouger en mettant leurs têtes dans l'orifice, le pantin électrique que fait danser Valérie Vinci, le Faust avec sa roue multicolore, Myrto Procopiou qui brise sa baguette, l'immense fraise de Faust, etc.

À de multiples reprises, les acteurs jouent d'une façon caricaturale, exagérée, codée. Par exemple, on trouve ce jeu caricatural chez lestrois acteurs qui observent Valérie Vinci, sur son char, chanter un chant tragique, mais surtout chez Faust, qui joue sur cette exagération. Cela évoque le théâtre de marionnette et Polichinelle.

Par ailleurs, le monde de l'enfance s'exprime également par les accessoires. Les jeux des osselets, les dés, la roue de la loterie, le chamboule-tout de cartons que construit un personnage à la fin...
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