Les autres me connaissent-ils mieux que moi même ?

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  • Publié le : 3 novembre 2009
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Les autres me connaissent-ils mieux que moi même ?

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A première vue, il semble évident que nul ne se connaît mieux que soi-même et que les autres ne peuvent au mieux qu’apprendre indéfiniment à nous connaître sans que cette connaissance ne puisse jamais s’achever. Pourtant un certainnombre de faits tout à fait ordinaires et que nul ne saurait complètement ignorer, nous contraignent à reconnaître les limites de la connaissance de soi-même, voire même le caractère privilégié d’autrui concernant la possibilité d’accéder à une telle connaissance. De sorte qu’il est nécessaire d’interroger dans son sens fondamental la connaissance de soi par soi et aller jusqu’à se demander si,finalement, les autres ne me connaissent pas mieux que moi-même.

1. La conscience comme connaissance de soi

Le sentiment de se connaître mieux que quiconque est aisément justifié par nombre de faits qui montrent à quel point le Moi détient une place indéniablement supérieure à celles des autres, fussent-ils proches, en ce qui concerne la possibilité de se connaître. Le secret, celui que l’onne partage avec personne, l’introspection, la mauvaise conscience ou encore la mémoire sont autant de réalités intimement liée au Moi et qui manifestent le caractère plein et parfait de la connaissance que tout individu a de lui-même.

Mais dire que l’homme se connaît, c’est par là même affirmer une certaine dualité au sein de tout homme. En effet dans la connaissance de soi, l’homme se rapporteà lui-même comme à un objet, manifestant ainsi sa capacité à s’extraire de soi, à se distancier par rapport à soi-même précisément pour se voir, se juger etc. Dans la mauvaise conscience, pour reprendre cet exemple, l’homme semble ne plus adhérer à l’action dont il se repent et il la juge mauvaise tout comme si elle était celle d’un autre. Par cette réflexion par laquelle le moi, par la pensée,revient sur lui-même et se prend pour objet, c’est son essence même que l’homme manifeste.

Comme l’a montré Descartes, l’esprit humain se définit par la pensée puisqu’elle est à la fois la seule chose dont il ne puisse douter et ce qui le rend présent et éveillé à lui-même. L’être humain ayant pour essence la conscience, c’est-à-dire la connaissance de soi, on comprend alors que nul ne soitmieux placé que soi-même pour se connaître.

Cependant force est de constater que nous sommes loin de maîtriser et de comprendre l’ensemble de nos actes et ce qui les motive. Il faut donc examiner les limites de la conscience et chercher quel pourrait être le privilège de la position d’autrui.

2. Les limites de la connaissance de soi

La connaissance de soi présuppose qu’il y ait quelque choseà connaître, un objet, et que le sujet puisse parvenir à cette connaissance donc qu’il y soit extérieur. Le physicien ou le biologiste étudient leurs objets, les manipulent et cela n’est possible que parce qu’ils leur sont extérieurs.

Dans cette perspective, la conscience définie comme connaissance de soi pose problème car de fait, c’est bien le sujet qui cherche à se connaître et prétendpouvoir parvenir à une forme d’extériorité par rapport à soi-même. Or si l’on peut parvenir dans une certaine mesure à se distancier par rapport à soi-même, il demeure en fait impossible de se mettre en situation d’extériorité. L’homme coïncide avec lui-même, il ne peut être impartial et objectif dans ses jugements sur lui-même. Par exemple la mauvaise foi indique que la coïncidence avec soi-même est siforte qu’elle conduit au mensonge sur soi et aux autres.

Dès lors, seuls les autres se trouvent en mesure de me connaître puisqu’ils ont cette extériorité par rapport à moi-même. A tel point que la seule connaissance que nous pouvons parvenir à prendre de nous-mêmes consiste à essayer de se voir comme les autres nous voient c’est-à-dire de façon non-subjective.

3. La connaissance de soi...
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