Lettres persanes - montesquieu

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 5 (1118 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 15 avril 2011
Lire le document complet
Aperçu du document
Lettres persanes, Lettre XXX
Montesquieu
Ce texte pose la question de l’être et du paraître. Les Lettres persanes sont écrites au XVIIIe siècle, et sont publiées anonymement en 1721. Montesquieu veut rester anonyme car jusqu’à présent il n’avait écrit que des textes argumentatifs, considérés comme plus « sérieux ». Son idée est alors d’interroger les mœurs parisiennes, d’étudier la question del’autre et de ses différences. Il adopte alors la théorie selon laquelle pour comprendre l’autre il ne faut pas se mettre à sa place mais adopter le point de vue qui lui est le plus éloigné : deux siècles plus tard, Lévi-Strauss théorise cette idée par sa théorie du « regard éloigné ».
Intro : Les Lettres persanes ont été publiées anonymement en 1721 à Amsterdam, afin d’assurer à Montesquieul’anonymat et de contourner la censure. C’est un récit épistolaire qui présente la correspondance entre deux persans en voyage en Europe et un compatriote resté en Perse, actuelle Iran. Dans la trentième lettre Rica écrit depuis Paris à Iben, et fait part de son étonnement devant e comportement des parisiens à son égard. Le genre épistolaire permet de faire passer la critique et la réflexionphilosophique sur l’autre sous une forme agréable et qui permet à Montesquieu de contourner la censure. Nous envisagerons dans une première partie le genre épistolaire avec l’implication et la distance du locuteur, puis dans un deuxième temps nous étudierons le caractère théâtral de la représentation de l’autre avant de rendre compte dans un troisième temps du caractère à la fois satirique et philosophiquede la lettre.
I. Le genre épistolaire : entre implication et distance

1. Implication du locuteur : les indices de l’énonciation
On retrouve dans ce texte les marques de l’épistolaires comme la présence d’un locuteur, Rica, et d’un destinataire, Iben, cité sous l’expression «  au même »(1) ; le lieu de l’énonciation nous est précisé à la fin de la lettre : De Paris à Smyrne. Ce sontdeux lieux réels mais en opposition avec la date imaginaire qui se voudrait du calendrier persan : « Lune de Chalval » (24). En revanche l’année 1712 ramène le lecteur de cette fiction romanesque à la fin du règne de Louis XIV. Cette lettre en apparence exotique est en réalité ancrée dans le monde contemporain de Montesquieu. La présence du locuteur est très forte comme en témoigne les nombreusesoccurrences du pronom personnel « je ». Ce locuteur évoque une anecdote dont il est l’objet, et c’est par ce « je » d’apparence naïve qu’il semble raconter son histoire au premier degré. Ce pont de vu naïf présente ainsi l’anecdote sous la forme d’un conte merveilleux et amusant.
2. Un conte merveilleux et amusant
A. Un conte merveilleux
Paris et ses habitants sont perçus de manièremerveilleuse. Le vocabulaire révèle en effet de ce terme, on peut citer « curiosité »(2), « extravagance »(2), « admirable »(16) ; les femmes quant à elles sont perçues de manière féérique : « arc-en-ciel »(5), « mille couleurs »(6). De plus l’anaphore à la fois temporelle et hypothétique « si » (3, 4, 6, 12, 13 et 21) renforce le caractère féérique en mélangeant l’histoire passé et l’hypothèse, ensuscitant par ses actions des réactions immédiates. La féérie est reprise par le thème de l’habit qui semble avoir un pouvoir magique.
b. Un conte amusant
Le récit repose sur de nombreuses exagérations, des hyperboles : « cent lorgnettes dressées contre ma figure » (7), qui s’accompagnent d’un certain humour : il y a un contraste entre le fait que les hommes ne sortent pas de leur chambre (8) maisqu’ils « connaissent » les persans. Cet humour passe par le discours rapporté et par la contradiction entre les paroles des parisiens qui prétendent qu’il « faut avouer qu’il a l’air bien Persan » (9) puis se demandent « comment peut-on être Persan ? » (23).
3. La distance du locuteur
Il y a dans ce texte l’idée d’une distance morale comme en témoigne le vocabulaire de la croyance : « je...
tracking img