Marceline desbordes-valmore

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  • Publié le : 15 novembre 2010
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Marceline Desbordes-Valmore
…J’ai semé ma joie au sommet d’un roseau !
Au cœur même de ces poèmes qu’on trouve parfois négligés – ma plume court, dira volontiers Marceline – et qui manquent certainement de tout désir de composition, apparaît ce qu’on ne peut dire autrement que par l’idée de lumière. Comme si les mots retrouvaient une intensité, une qualité d’évidence qui seraient en puissancedans chaque chose, un vers puis un autre et un autre encore se détachent de la méditation ou du souvenir, illuminant comme d’une foudre l’horizon entier de la terre. Même dans les moments de nostalgie, même dans ceux de la plus grande souffrance, cela s’impose comme une joie. Même dans la distance où restent les lieux évoqués, les êtres remémorés, cela brille comme une intimité chaleureuse. Et lacause de cette impression extraordinaire de présence – « Jours heureux pleins de bruits que nuls bruits ne défont », écrit Marceline, ou « On ressemble au plaisir, sous un chapeau de fleurs »… –, c’est bien, à n’en pas douter, et c’est seulement, fiévreusement éprouvée et dite, une force d’amour, cette force qui est l’amour. Marceline Desbordes-Valmore a renoncé à chercher l’exceptionnel, lesublime. Elle a regardé ce qui est, dans sa condition la plus quotidienne. Mais ce qui est, tout précaire soit-il, et limité, ou plutôt à cause de cela même, participe d’une unité de l’univers, de la vie qui est refusée aux créatures du rêve, – et l’unité est lumière. Or en poésie, que demander d’autre ? Yves Bonnefoy

La seule femme de génie de ce siècle et de tous les siècles, en compagnie de Saphopeut-être et de sainte Thérèse. Elle ne fut pas seulement un grand poète, mais surtout la femme douloureuse et passionnée qui se donne, et ne peut plus se reprendre. Paul Verlaine * Mme Desbordes-Valmore fut femme, fut toujours femme et ne fut absolument que femme ; mais elle fut à un degré extraordinaire l’expression poétique de toutes les beautés naturelles à la femme… Aucun auteur ne cueilleplus facilement la formule unique du sentiment, le sublime qui s’ignore. Charles Baudelaire * Pauvre d’images, estompée, crépusculaire, sa poésie n’a pas besoin de décrire le monde pour qu’il soit là dans sa présence essentielle : l’espace qui est l’échange de notre regard et de notre respiration. Gaëtan Picon * Ce n’est pas assez de dire que la poésie de Marceline n’est pas une poésie savante, querien en elle n’est prémédité, ni concerté. Il en est de ses plus certaines réussites comme de ces tableaux où le Douanier Rousseau transcende paisiblement les catégories officielles de la naïveté et du métier, de l’inspiration et de la connaissance. La poésie de Marceline est une poésie de l’ignorance omnisciente. Elle a réussi, avec des mots, à nous donner l’équivalent non pas de la carcassemorte que les paroliers proposaient aux musiciens, mais de la musique elle-même. Claude Roy

D’où vient-il ce bouquet oublié sur la pierre ? Dans l’ombre, humide encor de rosée, ou de pleurs, Ce soir, est-il tombé des mains de la prière ? Un enfant du village a-t-il perdu ses fleurs ? Ce soir, fut-il laissé par quelque âme pensive Sous la croix où s’arrête un pauvre voyageur ? Est-ce d’un filserrant la mémoire naïve Qui d’une pâle rose y cacha la blancheur ? De nos mères partout nous suit l’ombre légère ; Partout l’amitié prie et rêve à l’amitié ; Le pèlerin souffrant sur la route étrangère Offre à Dieu ce symbole, et croit en sa pitié ! Solitaire bouquet, ta tristesse charmante Semble avec tes parfums exhaler un regret. Peut-être es-tu promis au songe d’une amante : Souvent dans unefleur l’amour a son secret ! Et moi j’ai rafraîchi les pieds de la Madone De lilas blancs, si chers à mon destin rêveur ; Et la Vierge sait bien pour qui je les lui donne : Elle entend la pensée au fond de notre cœur !

Renoncement

Pardonnez-moi, Seigneur, mon visage attristé, Vous qui l’aviez formé de sourire et de charmes ; Mais sous le front joyeux vous aviez mis les larmes, Et de vos dons,...
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