Marx

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  • Publié le : 5 mai 2010
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Extrait de texte

« Le travail est de prime abord un acte qui se passe entre l'homme et la nature. L'homme y joue lui-même vis-à-vis de la nature le rôle d'une puissance naturelle. Les forces dont son corps est doué, bras et jambes, tête et mains, il les met en mouvement, afin de s'assimiler des matières en leur donnant une forme utile à sa vie. En même temps qu'il agitpar ce mouvement sur la nature extérieure et la modifie, il modifie sa propre nature, et développe les facultés qui y sommeillent. Nous ne nous arrêterons pas à cet état primordial du travail où il n'a pas encore dépouillé son mode purement instinctif. Notre point de départ c'est le travail sous une forme qui appartient exclusivement à l'homme. Une araignée fait des opérations qui ressemblent àcelles du tisserand, et l'abeille confond par la structure de ses cellules de cire l'habileté de plus d'un architecte. Mais ce qui distingue dès l'abord le plus mauvais architecte de l'abeille la plus experte, c'est qu'il a construit la cellule dans sa tête avant de la construire dans la ruche. Le résultat auquel le travail aboutit, préexiste idéalement dans l'imagination du travailleur. Ce n'estpas qu'il opère seulement un changement de forme dans les matières naturelles; il y réalise du même coup son propre but dont il a conscience, qui détermine comme loi son mode d'action, et auquel il doit subordonner sa volonté. » Karl Marx, Le Capital, 1867.

Introduction

Le travail est une notion qui a été l'objet de controverses depuis des millénaires. Latin à la base, le mot signifiaitautrefois tortue ; de nos jours, la définition la plus objective serait l'effort nécessaire à la réalisation d'une tâche précise. Dans l'ancienne Grèce, certains philosophes comme Aristote considéraient le travail comme « asservissant », car nécessaire pour pouvoir subsister et assurer la pérennité de l'espèce humaine par la recherche de nourriture ou la création d'habitat. Marx; philosophe etéconomiste du 19è siècle, ne rejette pas cette opinion mais la nuance : il y aurait, selon lui, un état primordial et instinctif du travail, ainsi qu'un mode délibéré, choisi par les humains et non issu de l'instinct lui-même. En faisant un parallèle avec la nature, les animaux eux-mêmes et les représentations que se font les hommes d'un objectif à atteindre, Marx développe sa thèse qui différencie lesbesoins innés de l'homme et ses choix délibérés. Ainsi, l'espèce humaine se différencierait selon lui des animaux pour qui la réalisation d'une tâche ne procède pas du choix mais d'un instinct initial, contre lesquels ils sont impuissants.

Dans quelles mesures Marx voit-il le travail à la fois selon un mode purement instinctif ainsi que sous une forme appartenant exclusivement à l'homme, ledifférenciant des animaux ?

I) L'état primordial et instinctif du travail chez l'homme, similaire aux animaux

En premier lieu, selon Marx, le travail est systématiquement issu d'un contact entre l'homme et la nature, et ce quel que soit sa forme : il y a donc une relation essentielle, selon laquelle l'homme, par ses efforts, transforme et modélise la nature à son intérêt. Cependant, l'auteurn'affirme pas avoir à séparer assurément homme et nature : au contraire, selon lui, l'homme faisant partie intégrante de la nature, il y joue le rôle d'une « puissance naturelle ». Ainsi, l'homme, va transformer son environnement naturel par le travail, en lui « donnant une forme utile à sa vie ».

Cette expression n'est pas anodine, et reflète l'idée de la transformation de la nature à l'intérêt del'homme, à quelque chose qui lui soit utile. Ainsi pouvons-nous parler en premier lieu du travail en ce qui concerne la création de subsistances nécessaires à la survie de l'homme : agriculture, chasse, fabrication d'habitat. Par toutes ces actions, issues originellement du travail, l'homme va pouvoir assurer sa pérennité : c'est ce que Marx appelle un « mode purement instinctif ». Instinctif au...
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