Matin brun

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  • Publié le : 10 mars 2010
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L'Eglise et la science s'allient contre l'avortement
Le projet de libéralisation de l'IVG que prépare le gouvernement donne lieu à une campagne hargneuse de la part des milieux conservateurs.
Depuis le 16 mars, on peut voir dans les rues de 37 villes espagnoles des affiches représentant un lynx et un bébé. Sur l'animal est tamponnée la mention "espèce protégée". A côté de l'enfant figure laphrase : "Et moi ? Protège ma vie !" Sous-entendu, les animaux sont mieux protégés que les embryons humains. Cette campagne offensive a été lancée par la Conférence épiscopale espagnole en réponse au projet de libéralisation de l'avortement que prépare le gouvernement. Comme le rappelle le quotidien de centre gauche El País, "l'avortement reste un délit en Espagne [même si les patientes et lesmédecins sont rarement poursuivis], hormis dans trois cas : viol, malformations du fœtus et danger pour la mère". Le nouveau texte, que la ministre de l'Egalité, Bibiana Aído, entend finaliser avant l'été, rendrait l'IVG entièrement légale jusqu'à la quatorzième semaine de grossesse. Il pourrait aussi permettre aux mineures de plus de 16 ans d'avorter sans le consentement de leurs parents, commec'est déjà le cas en France et dans d'autres pays occidentaux.
Le 17 mars, un millier de scientifiques et de professeurs d'université ont signé une déclaration, le manifeste de Madrid, par laquelle ils entendent rappeler que "la vie humaine commence dès la fécondation". Leurs arguments, qu'ils présentent comme exclusivement scientifiques et non idéologiques, visent à montrer que "l'avortement, entant qu'atteinte contre la vie dans les premières phases de son développement, ne peut être un droit pour personne", comme le résume l'une des signataires, la professeure de bioéthique Mónica López Barahona, dans le quotidien conservateur et catholique ABC.
"La polémique au sujet de l'avortement se poursuit avec les positions hostiles de divers secteurs de la société. Des associationsantiavortement, des médecins, des représentants de la hiérarchie catholique et des partis politiques ont publié des communiqués très durs dans lesquels ils condamnent catégoriquement le projet que le gouvernement socialiste tente de mener à bien." Ces lignes, qui pourraient s'appliquer parfaitement à ce qui se passe depuis quelques jours, sont en fait tirées d'un journal de janvier 1983, à l'époque où legouvernement de Felipe González préparait la loi qui allait pour la première fois dépénaliser partiellement l'avortement en Espagne. El País les reproduit pour montrer que les "groupes conservateurs" en sont au même point qu'il y a vingt-six ans, puisqu'ils contestent non pas la réforme de la loi actuelle sur l'avortement mais la légitimité même de cette pratique, alors que "la question, de l'avisde beaucoup, ne fait plus débat dans la société espagnole".
"Nul ne conteste l'avortement pratiqué dans le cadre d'un traitement médical visant à sauver la vie de la mère. Le reste des cas dans lesquels il est dépénalisé compte avec un accord tacite de la société [...]", écrit toutefois ABC dans un éditorial récent. "Mais l'avortement libre qu'entend instaurer le gouvernement va au-delà del'admissible et justifie une réaction qu'ABC, par cohérence avec sa ligne éditoriale, soutient sans réserves."
COURRIER INTERNATIONAL
Dans la salle d’attente du centre de planification de l’hôpital on cultive l’anonymat. Discrétion assurée...
Le centre de planification et d'interruption volontaire de grossesse de l'hôpital de Châteauroux ne désemplit pas. Enquête au sein du service.
C'estBrigitte Chevallier, sage-femme, pilier du service qui nous accueille. Se cacher, être discret, ici on cultive avant tout l'anonymat. « Nous pratiquons notamment l'IVG (interruption volontaire de grossesse). Cet acte est toujours autant mal vu dans notre société et n'est pas perçu comme un acte noble au sein du corps médical », explique la sage-femme. Si elle est autorisée depuis 1975 avec la...
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