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  • Publié le : 13 août 2011
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C’est dans les années 1830 que nait la presse moderne. Elle porte en premier lieu sur l’opinion publique. Chez les contemporains Alexis de Tocqueville né en 1805 comme chez John Stuart Mill né en 1806. Gustave Le Bon et Gabriel Tarde abordent l’influence de la presse et entreprennent de définir un nouveau domaine de la connaissance, la psychologie sociale et s’intéressent aux foules.
En1831,solennellement chargés d’une mission d’étude sur les institutions pénitentiaires américaines, les deux jeunes magistrats Alexis de Tocqueville et son compagnon Gustave Le Bon s’embarque au Havre destination : L’Amérique. Tocqueville considère les Etats-Unis comme un terrain d’investigation privilégié. Le succès est imminent avec ces journaux qui se multiplie et s’éparpillent sur de nouveauxterritoires. Peu d’abonnées suffisent pour en couvrir les frais mais ces journaux bon marché négligent les sujets nobles, la politique, la vie des partis pour s’intéresser aux petits faits quotidiens. Compréhensible à tous avec un langage vulgarisé, sujets significatif pêchés dans la rue, les commerces, les fabriques, information pratiques. Il n’y a pas de manipulation des esprits dans la presse selonTocqueville. Assurément, il y a une influence mais elle est d’abord fonctionnelle, c’est-à-dire qu’elle est limitée dans la structure éclatée du pouvoir politique, au contraire de la France, ou le pouvoir est concentré et posé avec la presse dans un antagonisme structurel. Il encourage ou supporte que l’esprit du journalisme en Amérique est «de s’attaquer grossièrement, sans apprêt et sans art, auxpassions de ceux auxquels il s’adresse, de laisser là les principes pour saisir les hommes ; de suivre ceux-ci dans leur vie privée, et de mettre à nu leurs faiblesses et leurs vices ».
Lors de sa parution en 1840 du second volume de « la Démocratie », qui porte moins sur l’Amérique que sur les sociétés modernes, le décor en France a changé. La presse a été instauré en 1836 par Emile de Girardin,inaugurant l’ère de journaux bon marché et amplement diffusés, par l’affiliation d’un modèle économique qui fera leur fortune : «C’est aux annonces de payer le journal.» Le prix de l’abonnement baisse de moitié et c’est là que le lecteur du journal est de moins en moins le privilège de gens cultivés et aisés. Est-ce la marque d’un pouvoir de persuasion des journaux ? Plutôt l’indice innové d’unefonction. «  Ce serait diminuer leur importante, écrit encore Tocqueville, que de croire qu’ils ne servent qu’à garantir la liberté ; ils maintiennent la civilisation. » Raymond Aron dans son « Essai sur les libertés », Tocqueville se situe envers l’avenir dans une perspective « probabiliste ».Tocqueville fait savoir, un siècle à l’avance, « le meilleur des mondes » d’Aldous Huxley. « Plus lesconditions deviennent égales, plus ils se laissent aisément aller au courant de la foule et ont de peine à se tenir seuls dans une opinion qu’elle abandonne. »
Dans « l’ancien Régime et la Révolution » (1856), Tocqueville reprend la difficulté de penser contre l’opinion des autres, au fondement d’une tyrannie de la majorité. Il donne en exemple le mutisme de l’Eglise française devant le mépriscroissant envers la religion au cours du 18ème siècle.
Le philosophe et économiste anglais, John Stuart Mill édite en 1859 un livre qui lui vaut de compter, à côté de Tocqueville, comme l’un des prédécesseur de la réflexion sur l’opinion publique et l’influence de la presse. Et si l’Amérique est au yeux de Tocqueville le banc d’essai privilégié de la démocratie, Londres offre au regard de Mill, àcelui de ses lecteurs, est un prodigieux laboratoire de la presse en devenir. Leur diffusion, par le développement des transports par chemin de fer et des services postaux. Le champ d’observation des journaux s’agrandi , leur public d’élargi, par l’effet des regroupements urbaines issues de l’industrialisation. Mais John Stuart Mill et ses contemporains en décèlent déjà davantage que les prémices....
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