Memoire sur la chartreuse de parme

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  • Publié le : 11 mai 2011
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[pic] |STENDHAL - LA CHARTREUSE DE PARME

L'HÉROÏSME A L'ÉPREUVE DU ROMAN | | 
 
  La Chartreuse de Parme est un roman de formation : c'est dire que le roman nous fait assister à l'évolution d'un personnage qui, au gré d'aventures diverses au cours desquelles il se cherche, finit par se trouver et se constitue sous nos yeux en tant que  héros. A vrai dire, le genre à lui seul pose quelquesproblèmes quant à l'héroïsme : imagine-t-on les héros grecs le devenir au terme d'une quête, eux qui, dès leur naissance, sont parés de qualités définitives ? Tel est notre propos : si, à l'évidence, l'héroïsme est fonction des époques et de la diversité des valeurs qu'elles ont promues, il l'est plus encore des formes. L'héroïsme résiste-t-il bien au genre romanesque ?
 
FABRICE : LESPOSTULATIONS HÉROÏQUES
  S'il n'est pas évident que Fabrice soit toujours le "héros" de La Chartreuse de Parme, c'est néanmoins autour de lui que s'articulent les premiers chapitres. Ses "enfances" annoncent même une nette prédisposition pour l'héroïsme :
• le mythe des origines : les circonstances de la naissance de Fabrice appartiennent à un passé déjà mythique : le Milan de 1796 où pénètrel'armée napoléonienne se réveille soudain aux sons joyeux de ces soldats en guenilles, tous jeunes et enthousiastes, et commandés par un général qui n'a pas vingt-sept ans. Stendhal évoque la période comme une image d'Épinal où l'armée fraternise avec un peuple qui ne s'était pas rendu compte jusqu'alors de son ennui. Cette passion, cet enthousiasme sont incarnés particulièrement par le lieutenantRobert, qui séduit la marquise Del Dongo dont il devient probablement l'amant. Le narrateur nous souffle alors qu'il est le vrai père de Fabrice (né en 1797) et cette double paternité n'est pas sans faire songer à celles des héros grecs, surtout si l'on considère les attributs véritablement divins dont se pare le lieutenant Robert. De cette période heureuse et vite tombée dans la répression, Fabricegardera une vocation pour le bonheur et le libre accomplissement de soi.
• une âme élue : de son éducation négligée, Fabrice fait naturellement émerger l'enseignement superstitieux de l'abbé Blanès qui nourrit sa conviction héroïque d'une secrète connivence des choses. Son attention à tous les signes qui émaillent sa route laisse croire qu'un destin spécial lui est réservé. Parmi cesprésages, une place particulière est attribuée à la végétation précoce du marronnier et, surtout, à l'apparition de l'aigle, l'oiseau de Napoléon, qui encourage Fabrice à aller offrir ses services à l'Empereur ("et moi, fils encore inconnu de cette malheureuse mère [l'Italie], je partirai, j'irai mourir ou vaincre avec cet homme marqué par le destin.").
• les modèles héroïques : la jeunesse deFabrice, couvée par sa tante, est marquée par la contemplation lyrique autant que par la rêverie héroïque : il s'enchante ainsi des vieilles prouesses des héros, s'abîme dans la lecture du Tasse et de l'Arioste comme Don Quichotte dans celle d'Amadis de Gaule. Mais de tous ces modèles, se distingue celui de Napoléon, dans lequel Fabrice voit surtout Bonaparte, l'homme de la campagne de 96, qui a libérél'Italie de la botte autrichienne et aimé son oncle. Dans les premières pages du roman, l'admiration pour Napoléon est un signe de reconnaissance des grandes âmes. La grâce juvénile, l'énergie, l'enthousiasme volontiers naïf, virtu tout italienne selon Stendhal, ne font pas non plus défaut à Fabrice, qui veut avant tout se battre et n'hésite pas pour cela à entrer en dissidence.
  Ainsi rien nemanque à "notre héros" pour figurer dignement parmi les grandes figures de l'épopée. Or c'est peu dire que son premier contact avec la guerre, sur le champ de bataille de Waterloo (une défaite...), ne comble pas ces aspirations ! Il nous faut de plus près en considérer les raisons.
 
ROMAN ET ÉPOPÉE : FABRICE A WATERLOO
voyez notre lecture méthodique d'un extrait du chapitre III
   Notre...
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