Nathalie sarraute - "enfance", la relation enfant / mere

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  • Publié le : 16 mai 2010
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Nathalie Sarraute - Enfance

Enfance de Nathalie Sarraute est un roman autobiographique publié en 1989. Dans cette œuvre, l’auteur se parle comme si elle était deux personnes différentes. L’extrait étudié est le récit d’un souvenir dans lequel sa mère, occupée à débattre avec Kolia, rejette la petite Nathalie, qui avait voulu la défendre. En quoi le fait de monologuer sur desfaits restés flous peut-il aider à les percevoir plus clairement bien des années plus tard ? Pour répondre à cela, nous étudierons tout d’abord la forme particulière de dialogue présent dans cet extrait, puis l’idée de l’abandon ressenti par l’auteur.

Nathalie Sarraute revient sur ses souvenirs en utilisant un dialogue, qui est en réalité un monologue à deux facettes, entre elle et sa conscience.Ce procédé original la pousse à revenir sur elle-même, à ne pas se mentir, et à dégager une analyse bien plus intime de ses souvenirs.
Le monologue de l’auteur apparaît comme un dialogue qui se déroulerait entre elle et sa conscience. Cette forme d’énonciation, singulière et surprenante, présente un échange d’idées permanent et des oppositions, tout comme l’étayent les lignes 45 et 49 : « Non,cela, je ne l’ai pas pensé… », « Non, tu vas trop loin… ». Ces oppositions indiquent que l’auteur réfléchit sur les limites de ses sentiments en même temps qu’elle les écrit ; elle s’interdit donc certaines répliques, que la part narratrice d’elle-même considère comme fausses, car exagérées. Le choix du dialogue nécessite également l’utilisation des pronoms « je » et « tu », qui désignent tousdeux Nathalie Sarraute, quelle que soit la part d’elle-même qui s’exprime – ligne 46 : « je te l’accorde… ».
À plusieurs reprises, au cours de ce dialogue, la conscience de l’auteur intervient pour faire revenir cette dernière vers la vérité, vers des sensations plus précises que celles dont Nathalie Sarraute prétend se souvenir. Entre les lignes 15 et 18 se livre une sorte de confrontation desdeux vérités, de ce que l’une et l’autre part de l’auteur sait ou pense savoir : « Mais c’est ce que j’ai senti longtemps après… Tu sais bien que sur le moment… » - « Oh, même sur le moment… et la preuve en est que ces mots sont restés en toi pour toujours ». L’auteur voudrait croire que l’impression de manque ressentie au cours de l’incident raconté ne s’est pas immédiatement manifestée, mais saconscience la pousse à se l’avouer et à accepter la vérité. « Crois-tu vraiment ? », question posée à la ligne 27, a pour but d’approfondir l’analyse, la véracité des propos explicatifs donnés par l’auteur sur les paroles de sa mère. La ligne 32 : « Et c’est tout ? Tu n’as rien senti d’autre ? », s’ancre dans cette même optique visant à déterminer l’exacte vérité. Les encouragements de son égo, «Allons, fais un effort… » à la ligne 37 et « C’est bien, continue… » à la ligne 40, montrent que Nathalie a besoin de s’auto-motiver pour exprimer ses émotions d’enfant sans omettre le moindre détail, ou cacher la vérité derrière des faux-semblants.
Utiliser un deuxième soi est donc un moyen pour mieux se souvenir, pour être plus précis sur les évènements et sensations du passé. Cela permetégalement de se poser des limites et de réfléchir plus en profondeur sur l’authenticité des propos qu’on avance.

Un large emploi des champs lexicaux de l’abandon et de la détresse marque l’impression de rejet ressentie par l’auteur. Il est également question de la différence visible dans les relations que l’auteur, sa mère et Kolia entretenaient, et de la distance ainsi prise entre les deux partis.
Lesexpressions qui désignent le délaissement perçu par l’auteur sont très nombreuses et en gradation : « elle m’a repoussée doucement » ligne 22, « je me suis écartée » ligne 23, « aussi vite que si elle t’avait repoussée violemment » ligne 24. Cette première série de formules se concluent ligne 25 : « sur le moment ce que j’ai senti était très léger ». Nathalie Sarraute, après une première...
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