Nouvelle adelie

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  • Publié le : 19 avril 2011
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J'ai fais un bout de chemin avec Salomé, nous avons couru, car en retard, jusqu'au portail du lycée Français, c'est sous les drapeaux européens que j'ai quitté Salomé.
Salomé avait déménagé l'année dernière, direction le Canada... on avait déjà envisagé de devoir se séparer mais le moment venu son absence fut un poids constant sur ma cage thoracique, puis au fil des mois j'ai tout fait pourcombler cette absence qui me renvoyait à une solitude pesante. Ses mots étaient des étoiles, des étoiles sur ma peau qui me brûlaient. Tu en avais plus besoin de moi alors, pour ne plus me retourner dans les couloirs en croyant avoir entendu ta voix, ton rire, pour m'habituer à rentrer seule le soir, j'ai volé le plus beau des mots à quelqu'un sans importance et je te l'ai donné. Pour que tul'accroches à ton cœur et que tu vives avec. Quoi que tu fasses à partir de cet instant tu es devenue porteuse d'espoir et moi, princesse des étoiles. Et puis ces temps ci tu m'accompagnais le matin. Je m'en contentais parce que tu resteras ma plus belle rencontre, et puis j'espérais te revoir... l'espoir, l'espoir, c'est le manque d'espoir qui appauvrit les gens et qui les dessert alors moi, du haut demon 1m62 je passe ma vie à la quête de ce mot. C'est en plein dans cette période d'adaptation que je l'ai rencontré.
La première fois que je l'ai vu je n'y ai pas cru. Je l'ai aimé de loin, pure et chaste. La tête dans les nuages et les yeux embrumés je suis tombée. Foudroyée, la première fois que je l'ai vu je suis tombée foudroyée. A genoux j'ai cru ne plus jamais pouvoir me relever. Il étaitl'inaccessible, le rêve, et moi le silence, le néant. La première fois que je l'ai vu il ne m'a pas vue, mais il a suffi d'un éclair, pour qu'il y ait addition, puis addiction.

Et puis tu es parti. Vivre ailleurs, côtoyer d'autres gens, aimer autrement.
Quand j'ai réalisé que mon essentiel s'était fait la belle à l'autre bout de la planète, j'ai mis longtemps à trouver les mots. Car on ne chassepas les résonances ni les souvenirs qui s'éveillent quand tombe la nuit, car on ne chasse pas l'écho des cris et encore moins celui du silence. Tout à coup il n'y avait plus personne pour prendre le temps d'aimer les choses simples, pour desserrer mon cœur et faire disparaître mes peurs... A près tant de nuits passées à maquiller mes souvenirs, à courir comme une folle sans la moindre limite j'aicompris, qu'on ne trompe que soi. Mon voleur de temps faisait suspendre le cour des choses lors que j'avais besoin de reprendre mon souffle mais quand j'ai réalisé qu'il était parti, pour ne pas oublier, j'ai recommencé à écrire. Pour ne pas oublier, mes espoirs sur ses cils, ma religion dans ses yeux, oublier qu'on est en vie, qu'on a encore envie, de rester et d'aimer un peu plus, un peu plusfort. Quand j'ai réalisé il était trop tard, nos souvenirs me dévisageaient déjà partout où il n'était pas. Et soudainement il n'éveillait plus les extrêmes en moi, il était trop loin, pour observer les vagues sur mon corps, en dessous des caresses de tes doigts c'était un désert aride qui s'installait. Comme une vengeance du temps où nous avancions main dans la main, du temps où nous vendions del'espoir, l'espoir absolu. Du temps où tout allait bien, où tout était si beau. Alors pour contre balancer l'absence j'ai tenté de le faire resurgir sous mes mots. Durant des mois entiers ma chambre ne semblait pas vide, elle était le vide même et je demeurai là ; un vieux stylo comme unique arme et des feuilles blanches à noircir de démons. Je suis partie à la recherche d'un présent perpétuel, nonrévolu. Et son départ brouillait tout, plaçant réellement la solitude dans la vie et la vie dans la solitude. Il semait le désordre, déréglait tous mes sens, m'enchaînant inéluctablement à l'absence, me forçant ainsi à récrire l'histoire sous l'angle du chagrin, du regret. Tout ce qu'il m'apportait d'innocence, de souplesse, de vie, l'absence le figeait, l'accusait, le détruisait. Je voulais que...
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